Chroniques | Le journal de l’économie #3

Chroniques | Le journal de l’économie #3

Bienvenue sur la troisième chronique de l’économie sur Les Players du Dimanche, aujourd’hui, j’ai envie de vous conter une histoire concernant une firme qui hélas est décédée en 2013, toujours dans l’esprit de ma chronique, on parlera toujours et encore de chiffres autour de la sphère jeux vidéo.

Comme pour la première itération, nous ne parlerons que des informations à caractères économiques par exemple le licenciement de personnes (pas drôles), les impacts directs et indirects de celle-ci (doit-on craindre l’annulation pure et dure du dudit titre ?), les chiffres liés à la bonne ou mauvaise santé des entreprises liées aux jeux vidéo.

Le décor est posé, il est temps pour moi de vous dévoiler le sujet de ma troisième chronique, il s’agit de Toy Head-Quarter ou comme on aime à l’appeler, THQ.

THQ, à la vie, à la mort.

En 1989 naquit Trinity Acquisition Corporation à New York qui, au départ, n’est censé qu’être une entreprise qui s’occupe seulement du business sans pour autant être impliqué dans le deal, cela évite pas mal de pépins et surtout celui de la banqueroute si les affaires tournent mal. D’ailleurs à l’époque, on avait du mal a discerner ce que voulait faire l’entreprise tant il réunissait des fonds pour des projets divers et sans pour autant en spécifier la nature.

Revenons donc à notre histoire, donc Trinity Acquisition Corporation est sur le point de racheter en 1990 une division jeux vidéo du groupe Broderbund (connu pour avoir sorti : Prince of Persia, Lode Runner, Karateka, Choplifter et bien sûr le mythique Myst) pour dans la foulée sortir son premier jeu : Peter Pan and the Pirates (NES, 1991) qui est en réalité l’adaptation du film d’animation sorti à la même époque.

Toujours dans cette année 1991, THQ accepte d’être racheté par Trinity au jeu de la bourse et donc, Trinity devient actionnaire majoritaire avec 51,7 % des parts de THQ. Suite à ça, le nom de Trinity Acquisition Corporation s’efface au détriment de Toy Head-Quarter.

D’ailleurs, petite anecdote au passage, sous les premiers jeux sortis par THQ, l’affirme avait un astérisque dans son nom pour bien différentier T de Toy de HQ pour Head-Quarter, l’astérisque sera finalement supprimé en 1994,

Au départ, comme le nom suggère, l’entreprise THQ s’occupait presque essentiellement de la réalisation et à la vente de jouets, ce qui changera suite à la direction prise par les nouveaux actionnaires pour en faire une société bien ancrée dans le monde du développement et de l’édition des jeux vidéo. Le postulat de départ était simple : créer des filiales internes pour développer toujours plus de jeux, le principe du « j’achète beaucoup pour recevoir beaucoup » reflète jusqu’alors l’idée qu’on peut se faire quand on sait qu’à l’époque, la bataille entre Sega & Nintendo faisait rage. Mais quelque chose va subvenir lors des années 1997 à 2007.

La pépite dort.

Alors que l’entreprise se cantonne à sortir des jeux basés principalement sur l’animation ou les sorties de films en 1997 tandis les joueurs préféreront des Final Fantasy 7, des Goldeneye et autre Fallout aux adaptations de Films. Il obtient le droit de sortir un jeu sur les 1001 pattes de Walt Disney, le film est un succès commercial. Premier lien de confiance que THQ obtiendra de Walt Disney qui s’avérera sur le court terme, une idée de génie. En ayant cette confiance, la firme deviendra plus forte

Si THQ est connu pour quelque chose de bien précis par le commun des mortels, c’est sûrement le catch. Et les jeux de catchs ne tarderont pas à sortir tout d’abord sous la licence de la WCW – qui en 1997 va se faire dépasser par la WWE (anciennement WWF, je tiens à le souligner.) Avant de se faire racheter par celle-ci en 2000 – ensuite en 1999 avec Smackdown sur Playstation 1 qui sera la première vente record de la firme avec plus de 3 millions de copies vendues.

Ça y est, l’entreprise a trouvé son crédo : faire des jeux pour tout âge histoire d’assurer ses ventes, c’est alors qu’on aura des suites de Smackdown avec tout d’abord Smackdown 2 (PS1), mais aussi Bob l’éponge en accord avec le deal exclusif passé avec Walt Disney précédemment. Les années passent et THQ se porte merveilleusement bien.

La firme vend bien, très bien à un point tel qu’en 2004, il se positionne comme étant deuxième firme sur le marché nord-américain soit devant Blizzard, mais comme chaque chose n’est pas éternel – et THQ va apprendre a ses dépens – le retour a la réalité risque de faire très mal.

Quand le rail déraille

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L’entreprise se brise…

Disney décide qu’il a plus de choses a y gagner en travaillant pour soi-même d’autant plus que THQ n’a plus que l’exclusivité sur 3 jeux. Premier coup au menton. Le problème c’est que Toy Head-Quarter n’avait que des licences qu’il ne lui appartenait pas au final, mais qui lui faisaient énormément de bien sur le plan financier. Exit donc Disney et bonjour les premiers problèmes.

En 2008, alors que son dernier chiffre d’affaires frôlait les 1 milliard en mars, l’entreprise va très vite mal se porter et pour cause : la chute de la banque Lehmans Brothers. La chute de la banque va plonger le monde dans la crise boursière et financière, chose qui n’est plus arrivée depuis 1929 !

En conséquence, THQ va devoir se résoudre a fermer ses premiers studios. En ligne de mire 5 studios en novembre 2008. Perte bet en mars 2009 de 73 % par rapport a l’exercice précédent, la firme n’est plus côté qu’à 173 millions, ce qui signifie qu’il est largement à la portée d’un rachat global. L’histoire ne dira pas si une firme en particulier voulait en acquérir.

Le problème financier de THQ est dû au fait que sur la génération des consoles Xbox 360 et PS3, les coûts de production ont presque doublé voir triplés par rapport à la génération précédente. Alors qu’en 2004, le budget lié au développement était d’environ 30 millions, en 2008 nous sommes sur des bases de 90 millions ! Tout en sachant que finalement, l’entreprise était a perte avec 16 millions de manques à gagner.

En 2012, la firme est en panique, elle essaye tant bien que mal de survivre, tout d’abord en restructurant son catalogue, essayer de proposer plus de jeux casuals comme uDraw, mais rien n’y fait, les investisseurs lui tournent un à un le dos.

L’entreprise tente encore un dernier coup de poker avant de se déclarer en faillite, utiliser l’Humble Bundle pour que les gens puissent injecter de la fraiche dans le portefeuille bien dégarni, bien que l’Humble bundle soit un succès sur le plan comptable, les 5 millions ne font pas les comptes, THQ se place en faillite.

Même étant placé en liquidation, la dernière chance de THQ de survivre était de se faire racheter par Clearlake Capital Group, finalement débouté par la justice.

En 2013, fin de l’aventure pour cette société américaine qui avait l’espoir jusqu’à son dernier souffle de survivre. Hélas, ce ne fût pas le cas et les licences a succès sont partagés par les autres industries du milieu.

Ma prochaine chronique parlera de chose plus amusantes que la tribulation de THQ, une firme qui méritait un autre destin que celle qu’on lui associera jusqu’à la fin de sa vie.

L'homme qui jouait aux échecs car il trouvait les chevaux "mignon"

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