Double Jeudi Retro | Heart Of Darkness & Tail Concerto

Double Jeudi Retro |  Heart Of Darkness & Tail Concerto

Salut à vous lecteurs et lectrices de la chronique « Jeudi Rétro » ! Aujourd’hui, comme promis, vous aurez droit à non pas un, mais deux jeux qui j’espère vous rappelleront de bons souvenirs et vous apprendront des choses inédites que vous ne saviez pas ! Ces deux jeux n’ont pas été choisis par hasard puisque ceux-ci sont tous deux sortis sur PlayStation 1 en 1998, sont excellents, mais n’ont pas rencontré le succès tant mérité ! Parole de chauve ! Non pas toi Zidane… Vous allez voir qu’aucun de ces deux titres n’est similaire. Je dirais même mieux, ils sont contraires ! L’un français, l’autre japonais. L’un gore, l’autre steampunk. L’un réaliste et l’autre kawaii. Ça promet !

Heart Of Darkness, un jeu français

Nous sommes en 1998, j’ai 8 ans et commence à peine à découvrir le monde de PlayStation alors que j’ai toujours possédé exclusivement du Sega ou du Nintendo à la maison (il faut dire que j’étais un enfant pourri gâté, je vous l’accorde). Je suis chez mon cousin qui me fait découvrir un jeu pas commode puisque celui-ci est totalement en français ! Curieux de découvrir ce titre, qui aurait crû que je touchais à un jeu d’un des plus grands développeurs du jeu vidéo ? Rien que pour cela, j’étais heureux d’être entouré d’un cousin avec autant de goût !

Un prof, un garçon, un chien, une histoire
Les profs de mathématique, ces hommes si incompris...

Les profs de mathématique, ces hommes si incompris…

L’histoire nous plonge dans le monde d’Andy, un jeune garçon qui déteste son professeur et le domaine scolaire. Il n’a pas vraiment beaucoup d’ami si ce n’est son chien, et a peur du noir. Un jour, Andy et son animal de compagnie, Whiskey, se rendent au parc pour se détendre et profiter du bon temps, c’est alors qu’a lieu une éclipse solaire. Pendant cette éclipse, Whiskey disparaît. Dans un élan d’imagination, Andy se dirige dans sa cabane, où il garde ses inventions, saute dans une fusée spatiale, prépare son matériel de survie, et part à la recherche de son chien. Il se retrouve dans un autre monde appelé Darkland (le pays sombre) et s’écrase en plein milieu d’un canyon habité par des créatures de la nuit dirigées par le maître de l’obscurité. Darkland est extrêmement dangereux et Andy devra surmonter ses peurs pour aller secourir son chien à tout prix.

On décortique le corps d’un génie français (Eric Chahi)

Alors que les gros titres des années fin 90 prenaient entre 2 à 3 ans de conception, Heart Of Darkness a pris pas moins de 6 années. Ce qui n’a pas été très évident pour Eric Chahi et son équipe (pour rappel, Eric Chahi est la personne qui s’est fait connaître par le jeu « Another World », sorti sur Amiga en 1991 et qui a connu un succès planétaire. Je vous invite d’ailleurs à découvrir l’ouvrage qui lui a été destiné par les Éditions Pix’n Love). 1998 est une année assez chargée en sorties de jeux vidéo. En effet, il est difficile de prendre une place dans le secteur quand on sait que 321 jeux sont sortis et parmi ceux-ci se trouvaient de très gros blockbusters qui étaient The Legend Of Zelda : Ocarina Of Time, Metal Gear Solid, Crash Bandicoot 3, Baldur’s Gate, Half-Life, Duke Nukem: Time To Kill, Pokémon Jaune, Resident Evil 2, Tomb Raider 3 et j’en passe… Ce qui au final ne lui permettait pas de se faire connaître à sa juste valeur auprès des gamers et de commettre la première erreur.

Musicalement, le jeu est un vrai chef-d’œuvre. La personne responsable n’a pas été choisie au hasard puisque celle-ci a composé pour Disney avec « Bernard et Bianca au pays des Kangourous » (Bruce Broughton) accompagné de l’orchestre « ‘Symphonia Of London »’. On ressent vraiment que l’équipe de développement a voulu mettre le paquet en nous offrant une animation digne des grands dessins animés d’époque.

La deuxième erreur a été pour de nombreux gamers de passer de la magnifique cinématique d’introduction aux premières phases de gameplay. à une période où la 3D polygonale prenait son envol, Heart Of Darkness nous offrait un gameplay en 2D. Incompréhension totale et un désintérêt très important sur un titre qui en vaut pourtant la peine. Néanmoins, à l’heure actuelle, de nombreux jeux qui sont à nouveau lancés sur leurs machines ne sont plus aussi jolis alors qu’Heart Of Darkness n’a pas pris tellement de rides.

Concrètement, le jeu est une amélioration d’Another World qui propose un gameplay qui se présente par tableau. Ce qui n’est pas une mauvaise chose, car même si le jeu peut paraître linéaire, celui-ci nous emporte de tableau en tableau à la suite de cette histoire avec Andy et son chien disparu. D’ailleurs, il est pratiquement impossible de terminer le jeu la première fois sans être passé par la case « Die & Retry ». Ce qui est aujourd’hui de moins en moins vu dans nos jeux vidéo. Celui-ci ne nous encombre avec aucun temps de chargement si ce n’est entre les cinématiques du jeu, il est l’un des premiers à proposer une image en 16:9, son interface utilisateur (HUD) est inexistante et le personnage est extrêmement fluide. Quoi de mieux pour donner un impact supplémentaire sur l’animation. Nous jouons comme dans un dessin animé que nous regardons (hé oui, Nate, tu pensais faire le malin avec ton Uncharted).

The Boss, c'est lui

The Boss, c’est lui

Pourquoi ce jeu a mis autant de temps à pointer le bout de son nez ?

En 6 années de conception, les technologies ont énormément évolué dans le secteur du jeu vidéo avec la naissance de nouvelles consoles (PlayStation devait être à cette époque un lecteur CD pour la Snes jusqu’à connaître sa propre histoire que vous connaissez tous). Le but d’Éric Chahi et de son équipe n’était pas de proposer le titre sur PlayStation, mais sur Philips CD-i, puis a été racheté par Sega pour être développé sur sa Saturn et pour au final se retrouver chez PlayStation compte tenu de ses excellentes performances (un peu comme Rayman avec la Snes). Ensuite, l’équipe de conception ont voulu se tester en y améliorant leurs jeux prévus en performances graphiques vectoriels pour au final donner de la 2D avec personnage en « sprite » avec de la 3D précalculée (décors). Finalement, toute l’équipe s’est rendu compte que pour pouvoir proposer un tel projet, cela mettrait beaucoup plus de temps que prévu avec toutes les contraintes rencontrés au fil du temps.

Pourquoi Heart Of Darkness ?

Ce jeu m’a permis de comprendre que certains choix ne sont pas forcément mauvais quand on voit avec le recul ce que certains titres nous proposaient. Heart Of Darkness aura beau prendre de l’âge, celui-ci sera toujours perçu comme un jeu très joli visuellement. De plus, il regorge d’énormément de moralité et permet aux enfants de prendre conscience de leur problèmes de jeunesse (l’école, respect de l’autorité, l’amitié, la peur…). En gros, Heart Of Darkness fait partie de ces jeux français que vous devez impérativement posséder ou au moins y avoir joués. Que vous soyez petit ou grand !

Quelques articles de presse d’époques

Quelques articles de presse d’époques

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Tail Concerto, le charme japonais
Il a du chien ce flic !

Il a du chien ce flic !

Décembre 1998, une époque où les Français chantonnaient  »on est les champions », mais aussi une époque où l’on pouvait encore louer des jeux vidéo dans nos vidéothèques ! C’est lors d’une de ces soirées d’hiver que mon regard se porta sur un jeu tout nouveau qui avait eu un petit coup de pub dans le journal de Mickey.Cependant, peu de gens y ont vraiment joué quand on y pense… Étant un énorme consommateur de mangas et de dessins animés (japonais ou pas), rien de tel de découvrir cette ambiance du soleil levant qui ne pourrait que réchauffer mon cœur de petit joueur. Des méchas, des Inu, des Neko, du steampunk et par-dessus le marché un jeu doublé en japonais et complètement français. Vous ne rêvez pas ! Tail Concerto m’avais suffisamment convaincu pour le louer une semaine entière.

Les chats c’est des connards ! (Davy Mourier)

Nous sommes à Prairie, un royaume constitué d’îles reposant dans les airs et peuplé par 50 000 chiens et 2 000 chats. Sur ce continent aérien reposant sur les vestiges d’une ancienne civilisation mystérieusement disparue, les habitants puisent leurs ressources dans la terre avec des reliques de grande valeur aux pouvoirs inconnus et qui permettent aujourd’hui au royaume de prospérer, jusqu’au jour où un groupuscule appelé « les Chats noirs » s’attaque à Resaca. Waffle, chien flic (non pas Rex), se voit obligé d’écourter ses vacances pour aller enquêter sur les Chats noirs et les empêcher de tout détruire.

On fait du fansub de ce jeu
Les séquences d’animé sont d’une qualité incomparable !

Les séquences d’animé sont d’une qualité incomparable !

Tail Concerto est vraiment l’archétype de l’animation japonaise. Un héros naïf et innocent qui se retrouve généralement dans des situations embarrassantes, avec des moments romantiques, une histoire profonde, des méchas très classes et des personnages si kawaii. La première réflexion que l’on se fait dans ce jeu se situe au niveau des cinématiques. En effet, on a réellement l’impression de jouer dans un animé (raison pour laquelle j’ai décidé de présenter Heart Of Darkness et Tail Concerto qui se rejoignent sur ce point) et pour la première fois, Cyber Connect 2 nous envoi du lourd en nous accordant le privilège d’avoir les voix en VO ! exit les Dorothée sur Dragon Ball Z ou vieux doubleurs français très mauvais.

Niveau jouabilité, rappelons que la PlayStation 1 reprend toujours le même défaut qu’est le problème de caméra, ce qui est normal à cette période rappelons-le. Le personnage peut voler, sauter, grimper, glisser et capturer vos ennemis à coup de bulle, bref, un vrai régal ! Le titre regorge de personnages aussi intéressants qu’attachants et autant vous dire que tout comme Kingdom Hearts, le jeu a beau être enfantin, il n’en est pas moins très profond dans son histoire. Ce que j’adore par-dessus tout !

En termes visuel et graphique, le jeu n’est pas si moche malgré son vieil âge et l’environnement 3D est à souligner (presque aussi riche et vaste qu’un certains Super Mario 64). Les paysages sont variés et force est de constater que l’univers steampunk est très original. un petit village, de vieilles mines où reposent des vestiges anciens, une île de glace où vit seul un homme âgé, un aéronef rempli de machines et de bruits métalliques, etc. On pourrait vraiment croire que Miyazaki aurait été dans le coup…

Côté musical, ce n’est pas de l’ordre d’Heart Of Darkness mais tout de même, les musiques et bruitages ne vous laisseront pas indifférents (surtout ceux des petits chatons si mignons). Comment ne pas renforcer l’identité d’un jeu japonais en y offrant les voix originales ?

Par ici petit, petit !

Par ici petit, petit !

Pourquoi ce jeu n’a-t-il pas rencontré le succès mérité ?

Tail Concerto aura beau être un excellent jeu japonais, il a rencontré la même erreur que son compagnon, Heart Of Darkness. Celui-ci a été proposé à une période où de nombreux blockbusters se sont fait une joie de les dévorer et ainsi de réduire considérablement toute concurrence en période de fin d’année. De plus, la licence n’était pas forcément des plus connus et aurait dû proposer quelques spin-off ou prélogie par le biais d’autres médias (véritable animé et mangas peut être ?). Quoi qu’il en soit, je suis certain que la plupart d’entre vous n’ont jamais vraiment remarqué ce jeu.

Pourquoi avoir choisi le chien flic et sa peuplade de félins et de canidés ?

Ce jeu n’en reste pas moins un classique de la PlayStation en matière de jeu d’action et de plateforme japonais. Comment ne pas dire oui à cet univers si beau et digne de grands dessins animés ? Il fait partie de ces jeux qui restent gravés dans notre mémoire, malgré les années qui passent et les générations de consoles qui se succèdent. Malgré quelques défauts, ce seront ses nombreuses qualités et l’aura magiques qu’il dégage dont on se souviendra. On regrettera juste que le succès n’ait pas été au rendez-vous à l’époque de sa sortie, qui aurait pu, donner suite au jeu (bien que l’on retrouve en Solatorobo sur DS une suite spirituelle à Tail Concerto, avec de nombreux clins d’œil à ce dernier). Tail Concerto a vraiment été l’un de mes quelques coups de cœur et je m’en réjouis de l’avoir retrouvé. Mais cette fois-ci, il ne s’en ira pas…
Ce double jeudi rétro est terminé, j’espère que cela vous aura plu et si vous n’avez encore jamais joué à ces jeux-là, il n’est jamais trop tard ! Je vous laisse découvrir, comme d’habitude, des vidéos d’intro des jeux.

 

 

Ha ! Et n’oubliez pas de donner votre avis et de commenter juste en dessous ! Sayonara !

Je ne sais pas quoi mettre en biographie, alors je mets un truxt. Un truxt est plus communément appelé "manque d'inspiration flagrant", il se manifeste souvent accompagné d'une flemme plus ou moins puissante selon l'individu. Si le truxt n'est pas soigné rapidement la flemme peut rester à vie.

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