John Carpenter’s Toxic Commando, c’est typiquement le genre de jeu que je lance en me disant : allez, juste une mission… et deux heures plus tard je suis encore là, couvert de boue noire, à hurler dans mon micro pendant que mes amis essaient de réparer un camion attaqué par une horde de zombies.

John Carpenter’s Toxic Commando m’a donné cette sensation assez rare aujourd’hui : celle d’un jeu qui ne cherche pas absolument à révolutionner le jeu vidéo, mais qui veut simplement te faire passer un bon moment. Et parfois, c’est exactement ce dont on a besoin. Dès les premières minutes, on comprend que l’objectif n’est pas de raconter une épopée ultra dramatique ni d’impressionner avec un système de gameplay compliqué. Non. L’idée est simple : te jeter dans un monde envahi par les morts-vivants et te laisser survivre comme tu peux, avec trois amis, quelques armes et beaucoup de chaos.

Il faut dire que voir John Carpenter associé à un jeu vidéo a quelque chose d’assez excitant. Le réalisateur de classiques du cinéma d’horreur n’a jamais caché sa passion pour les jeux vidéo, et son implication ici apporte forcément une certaine curiosité autour du projet. Derrière le développement, on retrouve aussi Saber Interactive, un studio qui a déjà fait ses preuves avec des jeux capables d’afficher des hordes impressionnantes.

Alors forcément, en lançant John Carpenter’s Toxic Commando, je me suis demandé une chose : est-ce que ce jeu allait juste être un shooter coopératif de plus… ou bien une vraie surprise ? Après plusieurs heures passées à parcourir ses missions, à rouler dans la boue et à survivre à des vagues interminables de zombies, la réponse est un peu entre les deux. Mais crois-moi, il y a quand même beaucoup à raconter.

Gameplay – Du fun immédiat… avec quelques limites

John Carpenter’s Toxic Commando repose avant tout sur une formule extrêmement connue. On parle ici d’un FPS coopératif jouable jusqu’à quatre joueurs. Concrètement, tu choisis ton personnage, ton équipement, puis tu pars accomplir une mission dans une zone infestée de zombies. Sur le papier, cela ressemble énormément à ce que proposaient déjà des jeux comme Left 4 Dead ou Back 4 Blood. Et ce n’est pas un hasard. Les bases sont presque les mêmes.

Mais attention, car John Carpenter’s Toxic Commando ne se contente pas de copier la formule. Il ajoute quelques idées intéressantes qui changent légèrement la dynamique du jeu. D’abord, les missions se déroulent dans des cartes relativement ouvertes. On ne suit pas simplement un couloir rempli d’ennemis. Au contraire, on circule dans une grande zone où plusieurs objectifs apparaissent progressivement.

Cela veut dire que ton équipe doit constamment prendre des décisions. Est-ce qu’on explore encore un peu pour trouver des ressources ? Ou est-ce qu’on fonce vers l’objectif principal avant que la situation ne dégénère ? Ce genre de choix donne un vrai sentiment d’aventure. Chaque mission peut se dérouler différemment selon la façon dont tu abordes la carte.

Cependant, la véritable star du gameplay de John Carpenter’s Toxic Commando, ce sont clairement les véhicules. Camions, pick-ups, engins équipés d’armes… ils deviennent rapidement indispensables pour se déplacer dans les environnements boueux et dangereux du jeu. Mais contrairement à ce qu’on pourrait penser, ils ne rendent pas les choses trop faciles.

Les véhicules consomment du carburant. Ils peuvent être endommagés. Et parfois, ils se retrouvent littéralement coincés dans la boue pendant qu’une horde approche. Dans ces moments-là, la panique s’installe. Un joueur tente de réparer pendant qu’un autre couvre l’équipe. Et c’est là que le jeu devient vraiment mémorable.

Malheureusement, John Carpenter’s Toxic Commando souffre aussi d’un petit problème de répétition. Même si les missions ont chacune leur contexte et leur histoire, leurs objectifs restent assez similaires. Activer une machine. Récupérer un objet. Défendre une zone pendant plusieurs minutes. Ce sont des mécaniques efficaces, mais elles finissent par se ressembler après plusieurs missions.

Cela dit, lorsque le jeu décide de lâcher ses hordes gigantesques, le spectacle reste impressionnant. Voir des dizaines de zombies grimper les uns sur les autres pour atteindre ta position est toujours aussi intense.

Graphismes – Efficaces, mais parfois trop familiers

Visuellement, John Carpenter’s Toxic Commando fait globalement le travail. Les environnements sont détaillés et les effets visuels fonctionnent bien pendant les combats. La fameuse boue noire, qui représente l’influence du mystérieux Sludge God, donne une identité visuelle intéressante à l’univers du jeu.

Cette matière étrange envahit les routes, les bâtiments et les paysages. Elle crée une atmosphère sale et inquiétante qui correspond parfaitement au ton du jeu. De plus, les hordes de zombies impressionnent vraiment par leur nombre et leur comportement.

Ce savoir-faire vient clairement de l’expérience acquise par le studio sur World War Z. Les zombies se déplacent comme une vague vivante, escaladant les obstacles et se jetant sur les joueurs avec une agressivité constante.

Cependant, tout n’est pas parfait. Les environnements, bien que corrects, manquent parfois de variété. Après plusieurs missions, certains décors commencent à se ressembler. Même chose pour les personnages jouables. Leur design est sympathique, mais il manque ce petit détail qui les rendrait vraiment mémorables.

En résumé, John Carpenter’s Toxic Commando est visuellement solide. Mais il lui manque peut-être une direction artistique plus marquée pour vraiment se distinguer.

Bande-son – L’empreinte de Carpenter

La bande-son est probablement l’un des aspects les plus intéressants de John Carpenter’s Toxic Commando. Et pour cause : John Carpenter lui-même a participé à sa création avec son fils. On retrouve donc une ambiance sonore inspirée de ses célèbres compositions synthétiques.

Les morceaux alternent entre des thèmes électroniques sombres et des musiques plus rythmées pendant les combats. Cette combinaison fonctionne très bien pour accompagner les moments de tension et les affrontements contre les hordes.

Certaines pistes utilisent même des sons un peu étranges ou agressifs pour accentuer le chaos des batailles. Cela ne plaira pas forcément à tout le monde, mais cela donne au jeu une identité sonore assez reconnaissable.

Ce qui fonctionne particulièrement bien, ce sont les moments de calme avant la tempête. Lorsque la musique ralentit et que tu entends seulement quelques bruits inquiétants autour de toi, tu sais que quelque chose arrive. Et généralement, tu as raison.

Scénario – Simple, mais efficace

Dans beaucoup de shooters coopératifs, le scénario est souvent secondaire. Pourtant, John Carpenter’s Toxic Commando essaie quand même de proposer un contexte un peu différent.

Ici, l’apocalypse ne vient pas d’un simple virus. L’histoire commence lorsqu’une entreprise technologique tente d’exploiter l’énergie du noyau terrestre. Malheureusement, l’expérience tourne mal et libère une entité surnaturelle appelée le Sludge God.

Cette créature transforme le monde en cauchemar. Les morts se relèvent. La boue noire envahit les paysages. Et l’humanité commence à perdre le contrôle.

Tu incarnes alors un groupe de mercenaires qui se retrouvent infectés lors d’une mission. Au lieu de devenir des monstres, ils développent des pouvoirs particuliers. Avec l’aide du scientifique responsable de la catastrophe, ils tentent de réparer les dégâts.

Le scénario reste simple, mais il a le mérite d’introduire un antagoniste clair. Et dans un jeu de zombies, ce n’est pas si courant.

Conclusion – Un shooter coopératif solide

Au final, John Carpenter’s Toxic Commando est exactement le genre de jeu que l’on apprécie surtout entre amis. Il ne révolutionne pas le genre du shooter coopératif, mais il ajoute suffisamment d’idées intéressantes pour rester divertissant pendant plusieurs heures.

Les véhicules apportent une dimension stratégique très amusante. Les hordes sont impressionnantes. Et l’ambiance sonore donne une vraie personnalité à l’ensemble.

Cependant, le jeu souffre aussi de quelques défauts. Les missions deviennent parfois répétitives. Les personnages manquent de charisme. Et le système de progression reste assez classique.

Malgré cela, John Carpenter’s Toxic Commando reste un jeu coopératif très agréable à parcourir. Si tu cherches une nouvelle excuse pour passer des soirées à tirer sur des zombies avec tes amis, ce titre pourrait bien faire l’affaire.

Un shooter coopératif fun et efficace. Pas révolutionnaire, mais suffisamment solide pour offrir de très bonnes sessions entre amis.

7/10

Résumé

Les +

 

  • Coopératif

  • Véhicules

  • Hordes

  • Fun

  • Gunfeel

  • Open-map

  • Last stand

  • Bande-son

  • Ambiance

  • Accessibilité

Les –

 

  • Répétitivité

  • Personnages

  • Progression

  • Personnalité

  • Variété

  • Armes

  • Décors

  • Ambition