Marathon, c’est ce genre de jeu qui te fait dire “allez, encore une run”, alors que tu sais très bien qu’il est déjà trop tard et que tu vas le regretter demain matin.

Marathon commence comme ça. Direct. Sans détour. Marathon, dès la première minute, te prend par la main pour ensuite te lâcher dans un monde hostile, froid et dangereux. Et toi, comme un idiot consentant, tu y retournes. Encore. Et encore. Parce que malgré ses défauts, Marathon a ce truc. Ce petit quelque chose qui accroche.

Développé par Bungie, Marathon veut clairement s’imposer dans la cour des extraction shooters, un genre déjà bien occupé. Et autant te le dire tout de suite : Marathon ne laisse pas indifférent. Certains vont l’adorer. D’autres vont le rejeter. Moi, je suis entre les deux.

Gameplay – Excellent gunplay, tension inégale

Marathon, manette en main, c’est d’abord une évidence : le gunplay est exceptionnel. Clairement. Marathon tire parti de tout le savoir-faire de Bungie. Chaque arme a un son distinct. Chaque tir a du poids. Les impacts sont lisibles. Les boucliers craquent. Les ennemis réagissent. Tu ressens chaque affrontement.

C’est là que Marathon brille le plus. Tirer est un plaisir constant. Même après plusieurs heures. Même quand tu perds tout. Les sensations sont là. Précises. Presque musicales.

Mais Marathon est aussi un extraction shooter. Et c’est là que les choses se compliquent.

Tu pars seul ou en escouade de trois, tu lootes, tu acceptes une seule quête par sortie. Tu cherches un point d’extraction. Et enfin, tu pries pour ne pas tomber sur une autre équipe au mauvais moment. En cas d’échec, tu perds tout. Sur le papier, c’est parfait.

Dans les faits, Marathon manque parfois de tension. Les ennemis sont majoritairement humanoïdes. Ils sont souvent placés aux mêmes endroits. Le sound design ne permet pas toujours de les anticiper. Résultat : tu joues plus souvent comme dans un FPS classique que comme dans un jeu de survie paranoïaque.

Contrairement à ARC Raiders, Marathon mise moins sur la peur de l’inconnu. Et contrairement à Apex Legends, il manque de nervosité. Marathon est entre deux mondes. Et parfois, ça se sent.

Graphismes – Une direction artistique clivante

Marathon adopte une direction artistique très marquée. Très géométrique. Très symétrique. Des couleurs pastel. Du fluo. Du cubisme assumé. Et soyons honnêtes : soit tu accroches, soit pas du tout.

Personnellement, j’ai eu du mal au début. Les environnements manquent de cohérence. Les bâtiments semblent posés là, sans logique naturelle. Comme des éléments de décor saupoudrés sur une carte. Surtout sur les premières zones.

Mais avec le temps, Marathon impose son identité visuelle. Ce n’est pas réaliste. Ce n’est pas sale. Et ce n’est pas organique. C’est un choix artistique. Audacieux. Clivant. Et respectable.

En revanche, ce choix nuit aux cosmétiques et aux armes. Difficile de les distinguer. Difficile de les apprécier. Quand tout est stylisé, rien ne ressort vraiment.

Bande-son – Du très bon et du trop discret

La bande-son de Marathon est étrange. Dans le bon et le mauvais sens.

Les musiques des menus sont excellentes. Ambiantes. Oppressantes. Parfaitement dans le ton cyberpunk / hard SF. Elles donnent envie de lancer une partie. Elles installent une atmosphère.

En jeu, en revanche, c’est plus timide. Trop timide. Les sons manquent d’impact. Les ennemis sont difficiles à localiser à l’oreille. Tu peux presque jouer sans le son. Et pour un extraction shooter, c’est un vrai problème.

Le son devrait être un outil. Ici, il devient parfois un détail.

Scénario – Un univers prometteur mais discret

Oui, Marathon a un scénario. Ou plutôt, un lore. Et il est intéressant.

Tu incarnes un Coureur. Une conscience téléchargée dans un Cadre. Tu explores une colonie dévastée. Tu travailles pour différentes corporations. Chacune avec ses objectifs. Ses contrats. Son arbre de compétences passives.

Après chaque mission, tu découvres un peu plus du monde. Quelques lignes de dialogue. Des fragments de récit. Des indices. L’univers est intrigant. Froid. Mystérieux.

Mais Marathon reste avare. Le lore est là. En arrière-plan. Il faut aller le chercher. Et tout le monde ne le fera pas. Dommage, car le potentiel est réel.

La Cryo Archive, annoncée comme contenu endgame majeur, pourrait justement changer la donne. Zone ultra dangereuse. Ennemis suréquipés. Chambres fortes gelées. Boss final. Sur le papier, c’est exactement ce qu’il faut à Marathon pour élever son expérience.

Conclusion – Marathon, un pari encore fragile

Marathon est un jeu paradoxal. Il est superbement réalisé sur le plan du tir. Il est frustrant sur la tension, il est audacieux artistiquement, il est confus ergonomiquement, il est prometteur. Mais pas encore totalement convaincant.

Il faut aborder Marathon comme un FPS avant tout. Pas comme un jeu de survie pur. Si tu fais ça, tu prendras du plaisir. Si tu attends une expérience ultra stressante et paranoïaque, tu risques d’être déçu.

À vouloir faire la synthèse entre plusieurs références, Marathon cherche encore son équilibre. Et dans un extraction shooter, perdre la tension, c’est risqué.

Mais le potentiel est là. Clair. Net. Et Bungie a encore des cartes à jouer.Un excellent gunplay. Un univers intriguant. Une identité forte.
Mais un manque de nervosité et de tension qui empêche Marathon de devenir, pour l’instant, une référence du genre.

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