Arrivé en trombe lors de la Gamescom 2026, Crazy Taxi World Tour tente le pari fou de revitaliser la licence arcade mythique de Sega en lui offrant une structure en monde ouvert, visiblement très inspirée de titres comme Forza Horizon. Après une démo de trente minutes centrée sur la carte de Cologne, on peut le dire sans ambages : le jeu parvient à capturer l’essence du gameplay original, mais peine cruellement à recréer le chaos et l’adrénaline qui ont fait la gloire de la saga. La question reste cependant en suspens : j’y vais à fond la caisse ou je rends mon permis ? C’est ce que je vais m’efforcer de vous expliquer à travers mes impressions. Attachez vos ceintures, allumez le compteur, et partons à la découverte de Crazy Taxi World Tour !
La démo nous place d’emblée dans l’aéroport de Cologne. Une zone volontairement ouverte mais, étrangement… totalement vide ! Cela contraste fortement avec l’attente d’un hub urbain bouillonnant d’activité. Dès les premières secondes, l’interface se révèle pourtant claire et efficace. Fini la boussole confuse, place à des indicateurs de quêtes modernes et une bonne grosse flèche pour la direction à suivre. Un guidage dans l’air du temps qui parvient à rester fidèle à l’esprit arcade du titre.
Ce que Crazy Taxi World Tour nous a confirmé : un gameplay arcade fidèle
Le retour des Crazy Moves : Drift, Dash et Stop
Après le déclenchement d’un premier tutoriel sur les dérapages (malheureusement précédé d’un dialogue un peu trop long et franchement peu drôle avec un autochtone), le volume de l’autoradio augmente enfin. Et là, surprise : c’est un bon vieux morceau de The Offspring qui débarque ! Un choix musical qui parvient instantanément à nous remettre dans l’ambiance frénétique d’antan.
Les sensations de conduite sont très agréables et les trois mouvements phares font leur grand retour. Le Crazy Drift (dérapage contrôlé), le Crazy Dash (accélération soudaine) et le Crazy Stop (freinage brutal) répondent tous présents. Bonne surprise, ils semblent beaucoup plus simples à exécuter que dans les opus précédents. Sega a clairement voulu rendre le jeu plus accessible sans pour autant sacrifier son côté fun.
De la pizza aux lapins de Pâques : une belle variété
Parmi les épreuves rencontrées lors de la session, on retrouve plusieurs types de missions qui respectent totalement l’ADN de la série. Jugez plutôt :
- La livraison de pizzas dans un temps imparti, obligeant à refaire le plein de cartons en cours de route.
- Le transport d’un groupe d’énergumènes vêtus de costumes de lapins de Pâques.
- Une course classique contre un adversaire, rythmée par des checkpoints.
- Et bien sûr, les incontournables Fare Missions : prendre en charge des clients et les déposer le plus rapidement possible.
Le principe reste identique, même si la durée de chaque course testée était très courte (trois ou quatre clients maximum avant la fin du chrono). Petit détail très appréciable : une fois le chronomètre écoulé, il reste possible de déposer son dernier client avant de reprendre l’exploration libre. Fini la frustration de voir son passager s’éjecter à deux mètres de l’arrivée !
Ce qui a retenu notre attention : un monde ouvert qui sonne creux
Une carte de Cologne terriblement sous-exploitée
La map de Cologne s’articule autour de trois pôles principaux : l’aéroport, le château et le centre-ville. Mais en mode free roaming, l’envie d’explorer pousse rapidement à fuir cet aéroport désert pour chercher une zone plus vivante. Malheureusement, le temps de jeu de trente minutes n’a pas permis d’apprécier pleinement la zone médiévale du château.
Au-delà des grands segments d’autoroute (toujours aussi limités en intérêt), la partie centrale de la ville ne parvient pas vraiment à convaincre. La configuration semble encore en cours d’ajustement. De plus, le marqueur moderne sur la mini-map n’incite pas réellement à mémoriser la configuration des lieux, réduisant un peu le sel de l’exploration libre qui faisait le charme des anciens épisodes.
La circulation et les collisions : le syndrome de la voiture en polystyrène
C’est là que le bât blesse sévèrement. Le problème le plus flagrant de cette démo réside dans l’état de la circulation. Elle est quasiment inexistante ! (Un Carambar à celui qui trouvera un embouteillage dans ce jeu).
Les rares véhicules présents se comportent davantage comme des obstacles en polystyrène qu’en véritables voitures de deux tonnes. Au pire, l’obstacle est simplement envoyé valdinguer sans aucune conséquence pour votre taxi. Cette absence de risque et de physique tue rapidement toute sensation de vitesse ou de danger. C’est un sacré « Red Flag » Sega, désolé… Le défi devient alors uniquement lié à la réussite des objectifs annexes pour obtenir trois étoiles, plutôt qu’à la maîtrise du pilotage dans un trafic dense.
Crazy Taxi, c’est un peu comme notre tatie qui raconte des histoires trop longues
La série a toujours su équilibrer action rapide et humour décalé. Mais ici, les dialogues avec les PNJ viennent casser net le rythme du jeu. C’est long, ça manque de punch, et ça interrompt l’adrénaline naissante à chaque lancement de mission. Pour une expérience purement arcade, ces temps morts sont un véritable tue-l’amour. Tatie, on t’aime bien, mais va à l’essentiel !
Verdict LPDD : Le compteur tourne, mais on reste sur notre faim
Malgré ses défauts évidents, Crazy Taxi World Tour réussit à rassurer sur ses sensations de conduite pures. Le retour fidèle des Crazy Moves et la jauge de boost ultra-dynamique sauvent les meubles et donnent l’impression d’être actif. De plus, Kenji Kanno (directeur chez Sega) a confirmé lors de cette Gamescom 2026 que des réglages de difficulté seront disponibles dans la version finale pour corser l’expérience.
Cependant, dans l’état actuel, on joue presque en pilotage automatique. On ne retrouve à aucun moment la sensation de chaos urbain d’antan. L’environnement de Cologne sonne désespérément creux, et les collisions sans impact ruinent le sentiment de danger. Si Sega parvient à enrichir sa carte, à densifier le trafic et à couper court aux dialogues soporifiques, le titre aura toutes les cartes en main pour faire rugir les moteurs. En l’état, l’optimisme reste de mise, mais il va falloir sérieusement passer la seconde d’ici la sortie !


