Parfois, tu relances une vieille histoire non pas pour la redécouvrir, mais pour vérifier si elle mérite encore ta mémoire.

Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties, c’est exactement ce sentiment-là. Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties, c’est ce moment où tu te demandes si ton attachement à la saga vient de ce qu’elle est encore aujourd’hui… ou de ce qu’elle a été pour toi à un moment précis de ta vie. Et crois-moi, si tu as grandi avec la série, ce remake ne te laissera pas indifférent.

Gameplay – Entre soulagement et frustration

Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties repose sur une base que tu connais déjà. Tu frappes, tu bloques, tu déclenches des Heat Actions. Simple. Efficace. Mais aussi parfois trop sage.

Commençons par le positif. Le remake corrige enfin l’un des plus gros défauts du jeu original : l’IA ennemie. Fini les adversaires qui bloquent absolument tout. Fini l’obligation de tricher avec le système de combat. Ici, les affrontements sont plus fluides. Plus honnêtes. Et surtout, moins frustrants.

Mais Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties fait aussi des choix discutables. Le combat de Kiryu manque de variété. Les combos se répètent vite. Les Heat Actions sont moins nombreuses que dans d’autres épisodes. Tu gagnes de l’argent facilement. Tu débloques vite les compétences. Pourtant, tu ressens rarement une vraie montée en puissance.

Heureusement, le jeu introduit plusieurs mini-jeux de gestion réussis. Le plus marquant reste la gestion de l’orphelinat Morning Glory. Bonne nouvelle : tout est désormais optionnel. Tu gères un jardin, tu cuisines, tu joues avec les enfants. Tu augmentes ton « dad rating ». Et surtout, tu choisis ton rythme.

Autre ajout marquant : le mini-jeu Baddies Battles. Tu diriges un gang féminin. Tu recrutes des membres. Puis tu participes à des Rumbles. De grandes batailles façon Dynasty Warriors. Des dizaines de personnages à l’écran. Des objectifs à capturer. Et enfin, un vrai sentiment de chaos maîtrisé.

Et oui, Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties reste fidèle à l’ADN de la série : Mahjong, Karaoke, Casino, Baseball… Tout est là. Peut-être trop là.

Graphismes – Propre, mais sans éclat

Visuellement, Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties est correct. Les modèles de personnages sont plus détaillés. Les animations sont plus fluides. Okinawa est agréable à parcourir. Kamurocho reste familier.

Cependant, un détail dérange. Un filtre bleu très présent en journée. Il écrase les couleurs. Il fatigue l’œil. Et surtout, il donne une impression étrange, presque artificielle. Ce n’est pas catastrophique. Mais c’est constant. Et donc impossible à ignorer.

Le jeu fait le travail. Il ne te met jamais une claque. Mais il ne pique jamais les yeux non plus.

Bande-son – Une valeur sûre

Là-dessus, rien à redire. Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties assure. Les thèmes de combat sont efficaces. Les musiques d’ambiance renforcent les émotions. Les morceaux plus calmes accompagnent parfaitement les scènes à Morning Glory.

La série a toujours excellé dans ce domaine. Et ce remake ne déroge pas à la règle. Mention spéciale aux compositions liées à Dark Ties, plus sombres, plus agressives, parfaitement adaptées au personnage de Mine.

Scénario – Le point de rupture

C’est ici que Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties divise vraiment. Sur le papier, tout commence bien. Kiryu quitte Kamurocho. Il fonde un orphelinat à Okinawa. Il devient père de substitution. Et ces moments sont sincères. Touchants. Humains.

Mais rapidement, le récit déraille. Conflits entre clans. Manœuvres politiques. Complots gouvernementaux. Et là, l’émotion passe au second plan.

Le remake ose aussi de gros retcons. Trop gros. Sans spoiler, la fin modifie profondément le canon de la saga. Et quand tu te demandes « comment ? », le jeu te répond presque : « Ce n’est pas important. Avance. » Et ça, c’est difficile à avaler.

Ajoutons à cela une polémique autour du casting de Goh Hamazaki, incarné par Teruyuki Kagawa. Un choix qui laissera beaucoup de joueurs mal à l’aise. À toi de voir si tu peux passer outre.

Dark Ties – La vraie surprise

Parlons maintenant de Dark Ties, inclus avec Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties. Tu incarnes Yoshitaka Mine. Et honnêtement ? C’est excellent.

Son style de combat est plus nerveux. Plus brutal. Plus technique. Pas d’armes. Pas de grappins. Mais du MMA. Du judo. Des attaques aériennes.

Le système de Dark Awakening pousse à l’agression. Tu attaques. Tu remplis des cœurs et tu les consommes pour déclencher des actions dévastatrices. Et ça fonctionne incroyablement bien.

Les mini-jeux exclusifs sont aussi solides. Le club de combat clandestin est glauque. Violent. Fascinant. Le mode donjon à risque unique ajoute une vraie tension. Et le système de « Damage Control » avec Kanda est aussi ironique que dérangeant.

Dark Ties est plus court. Mais il est plus intense. Et clairement plus inspiré.

Conclusion – Une remise en question nécessaire

Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties est un jeu paradoxal. Il améliore un épisode réputé problématique. Mais il expose aussi la fatigue de la formule.

Les mêmes mini-jeux. Les mêmes mécaniques et les mêmes villes. Année après année.

Oui, Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties est plus agréable que l’original. Oui, il corrige des défauts majeurs. Mais non, il ne mérite pas de devenir la version définitive au détriment de l’original.

Si tu es fan de la saga, tu y trouveras ton compte. Si tu débutes, il existe de bien meilleurs points d’entrée. Un remake honnête. Un contenu annexe excellent. Mais une identité qui commence sérieusement à s’essouffler.

7/10

Résumé

Les +

  • Gameplay fluide

  • IA ennemie corrigée

  • Morning Glory optionnel

  • Mini-jeux variés

  • Baddies Battles

  • Dark Ties inclus

  • Combat de Mine dynamique

  • Bande-son efficace

Les –

  • Combats répétitifs

  • Peu de Heat Actions

  • Retcons scénaristiques

  • Fin controversée

  • Filtre bleu visuel

  • Fatigue de la formule