À première vue, DragonSword: Awakening pourrait facilement passer pour un clone de plus de Genshin Impact. Ce n’est d’ailleurs pas tout à fait faux : le titre a initialement démarré son développement comme une production mobile gratuite truffée de microtransactions. Heureusement, l’équipe du studio Hound13 a pris la décision audacieuse de faire pivoter le projet vers une vraie expérience solo payante. Exit le modèle free-to-play prédateur : le jeu se transforme en un action-RPG dynamique, magnifique et généreux, qui prouve qu’une excellente formule n’a pas besoin de tirages aléatoires pour séduire.

DragonSword: Awakening nous plonge dans le monde fantastique d’Orbis, une terre de royaumes et de dragons au passé mouvementé. On y suit les pérégrinations du jeune Lute, un héros à la chevelure dorée évoquant immédiatement un certain protagoniste d’Hyrule. En route vers la capitale, Lute croise la route d’une bande de mercenaires turbulents qu’il finit par rejoindre. Ce qui ne devait être qu’une simple quête de renommée pour la troupe bascule rapidement lorsqu’une prêtresse les entraîne dans un conflit séculaire menaçant l’équilibre même du monde. Si les développeurs ont reconnu l’usage ponctuel de l’IA pour la traduction de certains dialogues, l’ensemble des ressources visuelles et du contenu a été entièrement conçu à la main, offrant un univers vivant et particulièrement soigné.

Un gameplay d’action et d’exploration libéré des contraintes du gacha

Le gameplay de DragonSword: Awakening reprend les bases bien connues de l’action-RPG en monde ouvert tout en supprimant la frustration du modèle économique d’origine. Là où son illustre modèle impose des tirages payants pour débloquer ses héros, le titre de Hound13 propose un casting de 19 personnages jouables, tous déblocables naturellement au fil de votre progression sans débourser le moindre centime supplémentaire. Les combats en temps réel reposent sur un système d’interchangeabilité de personnages à la volée et une gestion fine des synergies élémentaires. Combiner les attaques de bombes enflammées d’Aria avec les compétences de contrôle de Lute permet de provoquer des ruptures de jauge et des dégâts dévastateurs, offrant une grande diversité tactique selon la composition de votre équipe.

L’exploration du vaste monde d’Orbis s’avère fluide et gratifiante grâce à l’aide précieuse des familiers. Ces créatures mignonnes servent de montures terrestres, permettent de planer et confèrent des bonus de mobilité uniques comme une meilleure vitesse d’escalade. La progression s’articule autour d’activités variées : énigmes de moulins à vent pour débloquer le voyage rapide, statues de déesses à réparer pour restaurer la santé de l’équipe, et nombreux donjons à explorer. Pour faire évoluer vos personnages et leur équipement, il faudra accomplir des quêtes de rang de mercenaire afin de lever progressivement les plafonds de niveau. L’aventure propose également du contenu à pratiquer en solo ou en coopération, incluant des chasses à boss répétables sur cinq niveaux de difficulté, des raids à trois joueurs et des boss mondiaux quotidiens.

Son passé de jeu mobile dérange un peu

L’expérience souffre toutefois de quelques travers directement hérités de son passé de jeu mobile qui viendront tanner les joueurs les plus exigeants. La boucle de progression impose un grind très présent : pour obtenir les matériaux d’amélioration et l’argent nécessaires au développement de vos 19 héros, il faut répéter en boucle les mêmes donjons et chasses à boss. Cette répétitivité des tâches de routine peut rapidement lasser les complétistes à la recherche d’un renouvellement constant. De plus, bien que le titre propose une aventure solo complète, l’architecture des menus et le verrouillage régulier des niveaux rappellent encore un peu trop la structure d’un jeu de service d’autrefois.

Une réalisation artistique éclatante et colorée

Visuellement, DragonSword: Awakening est une véritable réussite qui flatte la rétine à chaque instant. Le jeu arbore une direction artistique de type anime aux couleurs vives et saturées, où la végétation luxuriante et les paysages d’Orbis ressortent magnifiquement. Le chara-design est particulièrement travaillé, donnant l’impression de diriger une série d’animation de grande qualité avec des modèles 3D détaillés et des animations de combat explosives.

Une bande-son orchestrale et un doublage investi

La partie sonore accompagne à merveille cette épopée fantastique grâce à une bande originale orchestrale classique, épique et enchanteresse. Les compositions accentuent parfaitement les moments de bravoure lors des combats de boss majeurs et la sérénité des phases d’exploration. Le doublage intégral des dialogues est actuellement proposé en coréen, porté par des comédiens investis qui insufflent beaucoup de vie aux répliques des différents mercenaires.

Le scénario – Une épopée fantasy dynamique et attachante

L’intrigue de DragonSword: Awakening s’appuie sur une trame de high fantasy traditionnelle mais très bien rythmée. L’évolution de la troupe de mercenaires, passant de petites frappes locales à sauveurs du monde, réserve des moments de bravoure épiques et des rencontres mémorables. Le jeu dose intelligemment ses révélations et ses affrontements d’envergure, offrant une narration fluide qui donne continuellement envie d’avancer pour découvrir le chapitre suivant.

Ma conclusion

En conclusion, DragonSword: Awakening est une excellente surprise et une véritable bouffée d’air frais pour le genre. En retirant le modèle économique prédateur et le hasard du gacha pour se concentrer sur une grande aventure solo vendue à prix doux, Hound13 livre un jeu d’action-RPG généreux, beau et hautement divertissant. Malgré une boucle de farm un peu répétitive sur la longueur, le contrat est remporté haut la main : offrir des dizaines d’heures de plaisir sans jamais repasser à la caisse.

8/10

Résumé

Les +

  • Gameplay

  • Visuels

  • Modèle

  • Combats

Les –

  • Répétitivité

  • Progression

  • Doublage

  • Structures

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