Suivre le développement chaotique du jeu de base avait déjà été toute une aventure, mais quel plaisir de voir la licence revenir sur le devant de la scène. Avec ses combats ultra-dynamiques, ses designs percutants et son univers fantastique à couper le souffle, ce titre coche absolument toutes les caches de ce que j’aime dans un action-RPG. Même des années après la sortie initiale, Cygames réussit l’exploit de livrer une extension massive, généreuse et profondément addictive qui m’a scotché à mon écran pendant plus d’une centaine d’heures.

Granblue Fantasy: Relink Endless Ragnarok s’impose comme une extension majeure particulièrement généreuse pour le titre à succès de Cygames. Ce contenu additionnel enrichit considérablement l’expérience de fin de jeu en introduisant un tout nouvel arc narratif d’une vingtaine d’heures qui fait suite au combat épique contre Proto Bahamut dans la région du Mont Neigelith. L’aventure gagne en profondeur grâce à l’arrivée de six personnages jouables inédits, à savoir Beatrix, Eustace, Fediel, Fraux, Malielle et Gallanza, que vous pouvez débloquer directement dans l’histoire ou via la boutique dédiée. L’expérience globale est transcendée par une refonte majeure des mécaniques fondamentales, incluant le mode de difficulté Chaos, un système d’invocation totalement repensé et un mode roguelite particulièrement addictif nommé le Conflux.

Un gameplay transcendé par les invocations et le Conflux

Le gameplay de Granblue Fantasy: Relink Endless Ragnarok franchit un cap grâce à l’introduction d’un système d’invocations interactives qui modifie en profondeur l’approche des combats. Désormais épaulée par Lyria en combat, l’équipe peut remplir une jauge spécifique permettant de prendre directement le contrôle de créatures mythiques à la manière d’un Final Fantasy moderne. Chaque créature possède son propre catalogue de compétences dévastatrices, à l’instar de Furycan dont l’élément Vent et les charges rapides s’avèrent redoutables pour nettoyer les groupes d’ennemis ou coller aux boss mobiles. Les Arts de Chaîne reçoivent également une amélioration notable avec les Rafales Primordiales, qui permettent de déchaîner Proto Bahamut ou Excavallion à condition que les quatre membres du groupe activent simultanément leurs compétences célestes.

La grande nouveauté de cette extension réside dans le Conflux, un mode roguelite intelligemment imbriqué dans la trame narrative principale qui offre une excellente alternative pour les joueurs solitaires. Ce mode propose une succession de combats intenses culminant avec un affrontement de boss, où vous pouvez accumuler des bonus temporaires appelés Auras pour booster vos statistiques. Le Conflux intègre également des salles spéciales pour briser la monotonie, proposant des défis de mémoire visuelle, des jeux de bonneteau ou des roues de la fortune permettant de remporter des sceaux de rareté diverse. Les récompenses obtenues permettent d’acheter des améliorations permanentes et de récolter les matériaux nécessaires à l’obtention des redoutables armes Terminus. Le rythme du farm y est d’ailleurs étonnamment bien équilibré et digeste par rapport à d’autres productions du genre.

La personnalisation des héros franchit un cap

La personnalisation des héros franchit également un cap avec l’apparition des Traits de Maître, qui s’articulent autour des trois branches nommées Insight, Essence et Crux, afin d’offrir des arbres de compétences flexibles qui prennent le relais une fois le niveau 100 atteint. Ce système permet de façonner des builds très précis pour chaque personnage, à l’image de Gran qui peut se spécialiser en soigneur de soutien ou en attaquant pur en boostant la puissance de ses arts. Malgré toutes ces qualités, l’extension pèche par la faiblesse de sa narration.

L’histoire se résume trop souvent à une succession de petites vignettes destinées à justifier l’enchaînement de combats ultra-difficiles, ce qui pourra décevoir les amateurs de scénarios denses et suivis. Toute la structure de ces nouveautés s’articule ainsi autour du mode Conflux qui dicte la boucle de progression principale et l’attribution des bonus, tandis que les invocations revoient le rythme des affrontements et que les compétences de fin de jeu poussent la personnalisation à son paroxysme.

Une direction artistique colorée et percutante

Sur le plan technique et visuel, Granblue Fantasy: Relink Endless Ragnarok demeure un véritable enchantement pour les yeux. La direction artistique de Cygames brille de mille feux grâce à son esthétique colorée et ses panoramas célestes somptueux qui n’ont rien perdu de leur superbe. Les effets visuels lors du déclenchement des compétences et des invocations de créatures gigantesques saturent l’écran de lumière sans jamais nuire à la lisibilité de l’action. L’optimisation globale garantit une fluidité irréprochable même lors des affrontements les plus chaotiques en mode Chaos, faisant honneur aux designs audacieux des boss inédits introduits dans cette extension.

Une bande son épique qui sublime la tension des affrontements

La partie sonore se hisse sans effort à la hauteur du grand spectacle visuel offert par le jeu. Les thèmes musicaux qui accompagnent les nouveaux boss sont d’une puissance orchestrale remarquable, parvenant à insuffler une tension folle à chaque tentative face aux monstres les plus coriaces du mode Chaos. Les bruitages des tirs de canons de bord et des attaques combinées, le rugissement des créatures primordiales et les répliques dynamiques des six nouveaux guerriers en plein combat renforcent constamment le sentiment de puissance. C’est un habillage audio soigné et percutant qui donne immédiatement envie de se replonger dans l’arène après une défaite.

Le scénario – Des vignettes légères pour un endgame exigeant

L’intrigue narrative d’Endless Ragnarok se positionne comme un prétexte à l’action plutôt que comme une grande fresque romanesque. L’équipe du Grandcypher se rend dans la région montagneuse de Mount Neigelith et se retrouve rapidement confrontée aux redoutables bêtes Ragnianes. Pour progresser, le jeu vous impose de terrasser deux figures bien connues, Seofon et Tweyen, avant de partir à la chasse aux souvenirs pour lever le voile sur la Némésis qui plane sur le Conflux. Si l’écriture reste fidèle au ton héroïque et attachant du matériau d’origine, l’absence d’une véritable campagne scénarisée linéaire au profit de courtes scènes de transition pourra laisser un léger goût d’inachevé.

Ma conclusion

Pour conclure, Granblue Fantasy: Relink Endless Ragnarok est une franche réussite qui comblera les joueurs avides de défis relevés et de theorycrafting. Cygames livre un contenu post-game gargantuesque et particulièrement gratifiant pour les joueurs solo grâce à l’ingéniosité du mode Conflux et la flexibilité des Traits de Maître. Bien que l’histoire en elle-même se révèle en deçà du jeu principal et serve principalement de vitrine à la difficulté Chaos, la boucle de gameplay est si jubilatoire qu’il est difficile de décrocher. Une extension indispensable pour prolonger le voyage dans le Royaume des Cieux.

8/10

Résumé

Les +

  • Invocations

  • Roguelite

  • Personnages

  • Contenu

Les –

  • Scénario

  • Répétitivité

  • Narration

  • Linéarité