Sur le papier, marier la rigueur exigeante du Soulslike à la tension permanente d’un jeu d’extraction PvPvE tenait du pari particulièrement risqué. Pourtant, avec Mistfall Hunter, les développeurs du studio Bellring Games tentent une approche ambitieuse qui ne laisse personne indifférent. En mêlant des combats techniques sans verrouillage automatique à un système de progression entièrement fondé sur le risque de perdre l’intégralité de son équipement, le titre tente de poser les bases d’une expérience de service en ligne originale. Malheureusement, l’enthousiasme initial se heurte vite à de lourds problèmes d’équilibrage, des soucis d’optimisation technique et un principe de grind particulièrement rébarbatif qui gâchent en partie le potentiel de cette aventure.
Dans Mistfall Hunter, vous êtes immédiatement plongé au cœur de Weavereach, un univers de dark fantasy particulièrement sombre, poisseux et désolé, dévasté par une guerre cataclysmique entre les dieux anciens. De cette destruction totale est né le Gyldenmist, un brouillard surnaturel et hautement toxique qui corrompt tout ce qu’il touche sur son passage. Incarnant un Gyldhunter ressuscité par la volonté d’une ancienne déesse, vous devez braver ces terres maudites pour récolter le précieux Gyldenblood sur le corps des monstres corrompus, affronter d’autres joueurs en quête de richesses et tenter de restaurer la Toile du Destin. Dès la cinématique d’ouverture au ton cryptique et lors de la création initiale de votre personnage, l’influence des productions culte du studio FromSoftware saute aux yeux. Le cadre narratif se montre plutôt accrocheur pour s’élancer à l’assaut des brumes, même si le scénario s’efface très vite au profit d’une boucle de gameplay purement axée sur la survie et le loot.
Un gameplay hybride entre combats tactiques et haute tension PvPvE
Le gameplay de Mistfall Hunter bouscule complètement la structure traditionnelle du Soulslike classique pour la fusionner avec les codes stricts du jeu d’extraction.En effet, au lieu de simplement progresser de manière linéaire d’un point A à un point B jusqu’à terrasser le boss final d’une zone, chaque expédition chronométrée de 20 à 30 minutes vous impose de récolter des ressources, d’accomplir des objectifs secondaires et de vous extraire vivant avant d’être terrassé par la tempête ou par d’autres aventuriers.
Le jeu propose un éventail de six classes bien distinctes, allant du Chevalier Flétri armé de son épée à deux mains jusqu’au Mercenaire polyvalent, en passant par la Sorcière ou le Prophète. Pour des raisons évidentes d’équilibrage dans un univers multijoueur, la polyvalence est strictement restreinte : une fois votre classe sélectionnée, vous êtes donc verrouillé dans son style de jeu et ses compétences propres, ce qui oblige à bien réfléchir avant de se lancer sur le terrain.

Combats à visée libre et gestion de l’extraction
L’originalité la plus marquante du système de combat repose sur l’absence totale de système de verrouillage automatique de la caméra (lock-on). Chaque coup d’épée, chaque tir à l’arc ou chaque incantation magique exige une visée manuelle rigoureuse et une excellente gestion du placement dans l’espace. Si ce choix rehausse indiscutablement le niveau d’exigence technique et donne de la valeur au talent brut du joueur, il s’avère parfois très brouillon lors des affrontements dans des espaces clos ou face à une caméra capricieuse. Pour réussir à vous extraire de la carte avec votre précieux butin, vous devez traquer et éliminer une petite créature clochette appelée Woodling. Si mourir face aux monstres ordinaires contrôlés par l’IA permet parfois de revenir récupérer son cadavre, tomber sous les coups d’un joueur rival entraîne une sanction irrévocable : la perte définitive de tout l’équipement et des objets amassés durant le run.
Boss de Brume, attention !
L’aspect coopératif et compétitif prend toute sa dimension lors de l’apparition des impressionnants Boss de Brume au milieu de la partie. Ces rencontres majeures ouvrent des portails qui attirent inévitablement les joueurs des environs. En solo, les chasseurs peuvent choisir de s’allier temporairement pour tomber la créature avant de se trahir sauvagement pour le loot, tandis qu’en escouade de trois, la coordination doit être irréprochable pour éviter de se faire prendre en embuscade par une équipe adverse.
Malheureusement, le titre souffre à ce jour d’un équilibrage des classes encore très bancal. Le Chevalier Flétri surclasse très nettement ses adversaires grâce à des attaques lourdes qui étourdissent en boucle, rendant les classes magiques comme le Sorcier quasiment inutilisables en joueur contre joueur, car la moindre interruption annule leurs sorts. De plus, l’absence de matchmaking basé sur le niveau d’équipement crée des situations d’une injustice totale où de nouveaux joueurs se font massacrer en quelques secondes par des vétérans surarmés.

Une réalisation artistique sombre gâchée par l’optimisation
Visuellement, Mistfall Hunter déploie une direction artistique de dark fantasy plutôt réussie, magnifiquement portée par des décors désolés, des ruines imposantes et des créatures corrompues au design dérangeant. L’épaisse brume qui recouvre progressivement les cartes apporte une lourde sensation d’oppression et maintient une tension constante sur le champ de bataille. Les effets de sorts et la modélisation des armes flattent l’œil au premier abord. Malheureusement, ce joli tableau esthétique est lourdement gâché par des performances techniques particulièrement décevantes. Le jeu souffre de chutes de framerate catastrophiques qui font régulièrement tomber la fluidité sous la barre des 30, voire 20 images par seconde lors des affrontements chargés, rendant les combats qui exigent une précision chirurgicale extrêmement frustrants.

Une ambiance sonore au service de la tension
La partie sonore joue un rôle crucial dans le déroulement des expéditions et constitue l’un des points forts de l’expérience. L’absence de musique omniprésente pendant la phase d’exploration laisse toute la place aux bruits d’ambiance de l’environnement : le grincement des structures, le souffle du vent dans la brume et les grognements lointains des monstruosités. Le travail sur la spatialisation sonore est exemplaire, à tel point qu’entendre les bruits de pas d’un joueur rival dans la pièce voisine suffit à déclencher une montée d’adrénaline immédiate. Cela impose d’écouter attentivement le moindre son pour tenter de tendre des embuscades ou, au contraire, d’esquiver un combat perdu d’avance.

Le scénario – Le mystère de la Toile du Destin
L’intrigue narrative sert de toile de fond efficace pour tenter de donner du sens à la boucle de gameplay répétitive et au système d’extraction. La quête du Gyldenblood et la reconstruction progressive de la Toile du Destin apportent un fil conducteur sympathique, même s’il reste très en retrait par rapport à la composante multijoueur. L’ambiance générale du camp central, fortement inspirée par des zones de repos emblématiques du genre, permet de discuter avec quelques PNJ mystérieux comme Sigrid, qui fabrique des consommables utiles avant chaque départ. Cependant, il ne faut pas chercher ici une grande saga narrative : le scénario s’apparente davantage à un prétexte pour justifier un grind perpétuel qu’à une véritable aventure scénarisée.

Ma conclusion
En conclusion, Mistfall Hunter est un titre qui suscite autant de fascination que de frustration. Si le concept de marier les combats exigeants d’un Soulslike à la tension dramatique d’un jeu d’extraction PvPvE est sur le papier une excellente idée, la réalisation globale peine à convaincre totalement sur la durée. Le jeu se transforme rapidement en un grind particulièrement lourd où la perte punitive de son équipement face à des classes surpuissantes ou des problèmes d’optimisation technique finit par entamer la patience du joueur. Bellring Games propose une base de travail intéressante pour les amateurs de défis multijoueurs très exigeants, mais le chantier reste immense avant d’obtenir un titre pleinement équilibré et agréable à parcourir.
Résumé
Les +
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Tension
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Combats
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Progression
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Ambiance
Les –
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Optimisation
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Équilibrage
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Répétitivité
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Punitivité



