Tu sais, il y a ces jeux qui ne te demandent pas seulement de jouer, mais de t’impliquer. Des jeux qui te mettent face à tes limites. Qui te frustrent. Qui t’épuisent. Et pourtant, tu y reviens. Encore. Et encore. Nioh 3, c’est exactement ce genre de jeu.
Nioh 3, dès les toutes premières secondes, impose son rythme. Ici, rien n’est gratuit. Rien n’est décoratif. Chaque système existe pour une raison précise. Chaque combat est une leçon. Nioh 3 ne cherche pas à te séduire avec des cinématiques interminables ou une narration appuyée. Il te séduit autrement. Par la maîtrise. Par la profondeur. Par la promesse d’un dépassement constant.
Depuis ses débuts, la série Nioh s’est imposée comme une alternative crédible aux soulslike de FromSoftware. Plus technique. Plus nerveuse. Plus chargée en systèmes. Avec Nioh 3, Team Ninja franchit un cap. Le studio ne se contente plus d’affiner sa formule. Il la mélange. Il l’ouvre. Il la complexifie.
Monde ouvert. Deux styles de combat radicalement différents. Loot façon ARPG. Influences assumées de jeux comme Elden Ring, Diablo ou même Assassin’s Creed. Nioh 3 ne cache rien. Il pioche partout. Et il le fait sans complexe.
La question n’est donc pas de savoir si Nioh 3 est original. Elle est ailleurs. Est-ce que ce mélange fonctionne ? Est-ce que Nioh 3 parvient à rester cohérent malgré son ambition débordante ? Et surtout, est-ce que le plaisir est toujours au rendez-vous ?
Gameplay – Une richesse vertigineuse, parfois étouffante
Nioh 3, manette en main, est une expérience dense. Très dense. C’est probablement le mot qui revient le plus souvent. Dès les premières heures, tu comprends que le jeu ne sera pas tendre. Pas parce qu’il est injuste. Mais parce qu’il est exigeant. Profond. Et incroyablement généreux en mécaniques.
La grande nouveauté de Nioh 3, c’est la coexistence de deux styles jouables. Le Samouraï et le Ninja. Et surtout, la possibilité de passer de l’un à l’autre instantanément. Ce n’est pas un gadget. C’est le cœur du gameplay.
Le style Samouraï est familier si tu connais la série. Attaques lourdes. Gestion stricte du Ki. Importance du timing. Tu observes. Tu attends, tu punis. Nioh 3 retrouve ici ses bases les plus solides. C’est lent. C’est méthodique. Mais c’est extrêmement satisfaisant quand tout s’enchaîne.
Le style Ninja, à l’inverse, est explosif. Rapide. Presque chaotique. Tu bombardes les ennemis de projectiles. Tu utilises des magies de Ninjutsu, tu frappes dans le dos et tu disparais. Nioh 3 devient alors beaucoup plus permissif, surtout pour les nouveaux joueurs.
Et c’est là que le génie de Nioh 3 opère. Le jeu ne te demande pas de choisir. Il te demande d’apprendre à combiner. Certains ennemis sont vulnérables à l’agilité du Ninja. D’autres exigent la solidité du Samouraï. Les boss, eux, te forcent souvent à alterner.

Mais…
Mais cette richesse a un revers. Nioh 3 est complexe. Très complexe. Il y a la gestion du Ki. Les zones de corruption Yokai qui t’épuisent. Les arbres de compétences multiples. Les combos dignes d’un jeu de combat. Les dizaines d’armes à maîtriser. Nioh 3 peut intimider. Voire décourager.
Le loot est omniprésent. Couleur par rareté. Statistiques en cascade. Effets passifs. Nioh 3 s’inspire clairement de Diablo. Et bonne nouvelle : tu n’es pas obligé de tout optimiser. Le jeu te laisse respirer. Tu peux avancer en te concentrant sur quelques armes. En équipant simplement le meilleur niveau.
Le passage au monde ouvert est également une évolution majeure. À première vue, la carte impressionne. Elle fait peur. Mais Nioh 3 est plus malin qu’il n’y paraît. Chaque zone a un niveau recommandé. Les objectifs apparaissent progressivement. Tu n’es jamais noyé sous les icônes.
Les activités annexes sont variées. Les Mythes apportent des défis intéressants. Les bases ennemies rappellent Assassin’s Creed, sans tomber dans la répétition excessive. Même les tâches secondaires sont amusantes, notamment grâce aux créatures loufoques qui peuplent le monde.
Côté difficulté, Nioh 3 est globalement plus accessible que ses prédécesseurs. Mais attention. Certains boss sont d’une brutalité mémorable. Ils testent ta patience. Ta compréhension. Ton sang-froid. Mais rarement ton endurance mentale.

Graphismes – Stylisés, riches, mais parfois brouillons
Nioh 3, visuellement, fait un choix clair. Il ne cherche pas le réalisme absolu. Il préfère le style. Les couleurs sont marquées. Les environnements chargés. Le Japon féodal est représenté avec générosité. Parfois avec excès.
Les armures sont détaillées. Les armes impressionnantes. Les ennemis, surtout les Yokai, sont inspirés. Nioh 3 excelle dans son bestiaire. Chaque créature est identifiable. Mémorable. Parfois dérangeante.
Cependant, cette richesse visuelle nuit parfois à la lisibilité. Certains combats deviennent confus. Certains niveaux, notamment dans le Crucible, sont difficiles à lire. Le rouge omniprésent fatigue l’œil. Et les pièges environnementaux manquent de clarté.
Sur PC, l’optimisation est décevante. Chutes de framerate. Saccades. Réglages nécessaires. Nioh 3 n’échappe pas aux défauts historiques de Team Ninja sur ce point.

Bande-son – Solide mais discrète
Nioh 3, sur le plan sonore, est efficace. Les musiques installent une ambiance. Elles soutiennent l’action. Mais elles restent en retrait. Elles servent le jeu. Elles ne cherchent pas à briller.
Les bruitages sont convaincants. Les coups ont de l’impact. Les affrontements sont sonores. Les voix japonaises ajoutent une vraie crédibilité à l’univers. Nioh 3 reste cohérent. Sans jamais être mémorable musicalement.

Scénario – Confus, dense, secondaire
Il faut être clair. Nioh 3 ne se joue pas pour son histoire. Le scénario est dense. Truffé de références historiques japonaises. De voyages temporels. De figures mythologiques. Même en étant attentif, on s’y perd.
Mais ce n’est pas grave. Nioh 3 ne cherche pas à raconter une grande épopée. Il propose un contexte. Un décor. Un prétexte. Et il assume totalement ce choix.
Si tu cherches une narration claire et émotionnelle, tu seras déçu. Si tu acceptes une histoire brouillonne au service du gameplay, Nioh 3 remplit son rôle.

Conclusion et note
Nioh 3 est un jeu ambitieux. Généreux. Parfois maladroit. Mais profondément passionnant. Il mélange les genres. Il emprunte sans honte et il assemble tout dans une expérience cohérente. Un vrai chanpurū vidéoludique.
Tout n’est pas parfait. L’optimisation est bancale. Le scénario confus. La complexité peut rebuter. Mais Nioh 3 récompense l’investissement comme peu de jeux le font.
Si tu aimes les soulslike, les systèmes profonds, et les jeux qui te respectent assez pour ne pas te prendre par la main, alors Nioh 3 mérite largement ton temps.Un jeu exigeant. Dense. Parfois excessif. Mais incroyablement gratifiant.
Résumé
Les + :
-
Soulslike
-
Monde ouvert
-
Combat Samouraï/Ninja
-
Loot
-
Arbres de compétences
-
Difficulté ajustable
-
Bestiaire Yokai
-
Personnalisation
-
Exploration
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Mythes/Quêtes secondaires
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Combats techniques
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Immersion
Les − :
-
Optimisation PC
-
Performance inégale
-
Lisibilité confuse
-
Scénario complexe
-
Couleurs saturées
-
Certaines missions frustrantes
-
Interface parfois chargée



