Crypto est de retour. Si le premier remake de Destroy All Humans! avait réussi à se frayer un chemin sur la première Switch en 2021 au prix de sacrées concessions visuelles, sa suite, Reprobed, avait tout simplement fait l’impasse sur la console hybride de Nintendo, faute de puissance. THQ Nordic et Black Forest Games ont profité de l’arrivée de la Switch 2 pour corriger le tir. Disponibles séparément sur l’eShop (le premier sorti en juin 2026, le second en septembre), ces deux aventures cultes des années 50 et 60 se retrouvent enfin sur une machine Nintendo capable de les faire tourner correctement. Nous avons décidé de grouper notre test pour analyser ces deux arrivées consécutives. L’occasion idéale pour terroriser les humains, sonder quelques cerveaux et détruire des villes entières, que ce soit dans son canapé ou dans les transports en commun.

Conditions de test : Nous avons vaporisé des milliers de civils sur une Switch 2 via des codes fournis par l’éditeur pour les deux jeux. Une trentaine d’heures ont été nécessaires pour boucler les deux campagnes principales et accomplir une bonne partie des objectifs secondaires.

Scénario et Univers : L’Amérique parodique sous les rayons Furons

Les années 50 et le maccarthysme

Pour ceux qui découvriraient la franchise, le premier Destroy All Humans! vous place aux commandes de Cryptosporidium, alias Crypto. Ce clone de la race Furon atterrit dans l’Amérique paranoïaque de 1959 pour récolter de l’ADN humain pur et sauver son espèce de l’extinction. L’écriture brille par sa satire mordante de la guerre froide, du maccarthysme et de la culture pop de l’époque. Les dialogues entre Crypto, sociopathe assumé, et son supérieur Pox, brillant mais colérique, sont toujours aussi savoureux. L’humour noir fait mouche à chaque cinématique, même si la narration accuse logiquement le poids des années depuis la sortie originale sur PS2.

Les années 60, le KGB et les hippies dans Reprobed

Le deuxième volet, Reprobed, nous propulse dix ans plus tard. Crypto-138 doit faire face au KGB dans une ambiance très « Guerre Froide sous acide ». Les environnements s’ouvrent, passant des simples bourgades américaines à des parodies de Londres, Tokyo ou Tunguska. L’ambiance gagne en folie, les clichés s’enchaînent avec une jubilation évidente. Le contraste entre les deux époques justifie à lui seul l’intérêt d’enchaîner les deux titres.

Gameplay et Mécaniques : Un chaos jouissif mais parfois redondant

Un arsenal qui fait mouche

Manette en main, la formule est intacte. Le cocktail entre tir à la troisième personne, télékinésie et phases en soucoupe volante fonctionne à merveille. On prend un plaisir coupable à enchaîner les électrocutions, les sondes anales et les lancers de vaches grâce à la psychokinésie. Le deuxième épisode vient enrichir cette base avec de nouvelles armes redoutables, comme le fusil à météores ou le dislocateur, tout en offrant plus de libertés dans l’exploration et les déplacements grâce au jetpack amélioré et au skate anti-gravité.

Le poids des années dans la structure

Cependant, malgré le soin apporté par Black Forest Games pour moderniser les contrôles, la structure même des missions trahit l’âge des jeux originaux. On se retrouve souvent à enchaîner des objectifs de protection de zone, de filature ou de destruction massive qui finissent par se ressembler. Le premier épisode souffre particulièrement de cette redondance dans son dernier tiers. Heureusement, la destruction de bâtiments à bord de la soucoupe, avec un moteur physique toujours aussi gratifiant, vient régulièrement casser cette routine pour redonner du souffle à l’action.

Technique : La Switch 2 montre enfin les muscles

Une fluidité constante pour le premier opus

C’est ici que ces portages étaient attendus au tournant. Là où la version du premier remake sur la Switch originale souffrait de textures baveuses et d’un framerate toussotant dès que les explosions se multipliaient, la Switch 2 offre un confort de jeu inespéré. Le jeu tourne avec une fluidité exemplaire en mode portable comme en mode docké. Les modèles 3D cartoon, très fidèles à la direction artistique de l’époque, ressortent magnifiquement, avec des éclairages retravaillés.

Le vrai crash test : Reprobed

La vraie prouesse réside dans le portage de Destroy All Humans! 2 – Reprobed. Ce titre, développé sous Unreal Engine 4 et initialement pensé pour la génération PS5/Xbox Series, est la preuve des capacités de la Switch 2. La console encaisse la destruction des bâtiments à grande échelle, les dizaines de PNJ affichés simultanément et les effets de lumière complexes sans chute de framerate majeure. Les temps de chargement, bien que présents entre les grandes zones ouvertes, restent tout à fait acceptables. C’est un véritable tour de force technique qui prouve que l’hybride de Nintendo peut désormais accueillir des moteurs gourmands.

Durée de vie et Contenu : Séparés mais généreux

Une progression fluide et du coopératif local

Bien qu’ils soient vendus séparément et non sous forme de compilation physique, l’investissement reste solide. Comptez une douzaine d’heures pour boucler le premier jeu, et près du double pour le second si vous prenez le temps d’accomplir les quêtes annexes et de récolter toutes les améliorations. On apprécie tout particulièrement le mode coopératif local en écran scindé présent dans le deuxième opus, qui tourne là encore de manière surprenante sans mettre la console à genoux. C’est l’expérience d’arcade parfaite pour de longues soirées de destruction.

Verdict LPDD

Gice

78%

Mon petit alien !

L’arrivée de Destroy All Humans! et Reprobed sur Switch 2 est la vengeance parfaite pour notre extraterrestre préféré. Non seulement la console permet aux joueurs Nintendo de profiter enfin du deuxième opus, mais elle le fait dans des conditions techniques optimales. Fini le framerate asthmatique sur le premier épisode, la machine crache ses tripes pour offrir des destructions fluides et un rendu visuel coloré qui sublime la direction artistique. Bien que les jeux soient vendus séparément et que leurs missions conservent la structure vieillotte de l’ère PS2, le plaisir coupable reste intact. Deux portages exemplaires pour une licence toujours aussi mordante.

On aime:

– Le gap technique impressionnant sur Switch 2 (surtout pour Reprobed)
– L’humour noir et la satire toujours aussi efficaces
– L’arsenal jouissif du second opus
– Le mode coop local en écran scindé qui tourne parfaitement

On aime moins:

– Pas de vraie compilation globale (vendus séparément)
– Une structure de missions qui trahit l’âge des jeux originaux
– La redondance de certains objectifs dans le premier épisode

78%