Il y a un an environ, ma première expédition sur Arrakis s’était soldée par un coup de cœur malgré de vrais défauts de jeunesse. Le titre de Funcom affichait déjà une atmosphère incroyable, mais son orientation MMO parfois trop punitive et ses interfaces lourdes laissaient une partie des joueurs sur le carreau. Un an plus tard, les développeurs norvégiens reviennent avec la mouture console et profitent de l’occasion pour offrir un véritable second départ à leur bébé. Sur PS5 Pro, cette nouvelle édition ne se contente pas de porter le jeu sur grand écran : elle transforme l’expérience en profondeur grâce à un mode solo complet, une prise en main à la manette repensée et une optimisation technique aux petits oignons. Autant vous le dire tout de suite, Arrakis n’a jamais été aussi envoûtante et accessible !

Le contexte – Un an d’évolution et un vrai second souffle

À sa sortie initiale sur PC, Dune: Awakening avait divisé la communauté. En effet, techniquement solide, il traînait toutefois le fardeau des MMO très exigeants avec un PvP omniprésent, un grind parfois usant et un apprentissage sans pitié pour les néophytes. Fidèles donc à leur réputation d’artisans tenaces façonnée sur des titres comme Conan Exiles, les développeurs de chez Funcom ont passé douze mois entiers à écouter les retours, peaufiner l’équilibrage et corriger le tir.

Le résultat sur console est sans appel : les notes de la presse anglophone oscillent désormais entre 82 et 87 sur Metacritic, saluant unanimement le travail colossal accompli par l’équipe norvégienne. Le jeu a mûri, s’est débarrassé de ses scories les plus frustrantes et propose enfin une aventure qui sait respecter le temps du joueur tout en conservant l’essence brutale de l’œuvre de Frank Herbert.

La grande révolution – Un mode Solo complet et sur mesure

C’est incontestablement le véritable game changer de cette version PS5. Il est désormais possible de boucler l’intégralité du premier arc narratif, le fameux Livre Un, de manière totalement autonome sans jamais croiser le moindre joueur humain, sans subir de raids nocturnes et sans avoir besoin de passer par un serveur privé. La carte devient permanente, vos constructions ne risquent plus de disparaître au gré des purges de serveurs et le système politique du Landsraad se retrouve entièrement simulé en local.

Loin d’être une version édulcorée ou un mode au rabais, cette option solo conserve toute la richesse du système de crafting et de survie d’origine. Mieux encore, elle s’accompagne d’options de difficulté modulables à l’envi. Vous pouvez ajuster le taux de récolte des ressources, la fréquence des apparitions de vers géants ou encore le coût des fabrications pour tailler votre aventure sur mesure. On notera simplement que les personnages créés en Solo restent strictement séparés des serveurs Multijoueur, interdisant tout transfert ultérieur.

Bilan comparative – Qu’est-ce qui a changé depuis la version PC d’origine ?

Ayant attribué la note de 8/10 à la version PC lors de sa sortie il y a un an, le constat est saisissant quand on mesure le chemin parcouru. Le jeu a franchi un cap majeur dans sa structure comme dans sa philosophie globale.

  • Progression et rythme de jeu : L’apprentissage autrefois raide s’est adouci grâce à un guidage beaucoup plus clair et une réorganisation des premières heures de jeu. Le grind excessif de la version d’origine a été largement rééquilibré pour éviter les phases de récolte fastidieuses.
  • Accessibilité et liberté : Là où la version PC imposait une cohabitation permanente avec la communauté et ses dérives PvP, la version PS5 offre une liberté totale de choix entre la coopération en ligne et la tranquillité absolue du mode solo hors ligne.
  • Ergonomie des menus : L’interface PC d’origine, touffue et fouillis avec sa barre de raccourcis étriquée, a bénéficié d’une refonte ergonomique pensée pour la navigation au stick et à la croix directionnelle, rendant la gestion de l’inventaire bien plus fluide.
  • Systèmes de jeu affinés : Le crafting s’organise désormais de façon plus organique via le déblocage d’Intel, les compétences hybrides chez les PNJ apportent plus de souplesse, et les mécaniques d’environnement comme les tempêtes de coriolis ont gagné en stabilité technique.

Graphismes et performances sur PS5 Pro – La beauté brute d’Arrakis

Visuellement, le titre franchit une marche supplémentaire sur console, particulièrement sur PS5 Pro où le rendu de la direction artistique s’avère somptueux. L’esthétique respecte au millimètre près l’univers visuel instauré par les films de Denis Villeneuve. Les immenses étendues désertiques, la verticalité des falaises et la violence des tempêtes créent des panoramas à couper le souffle.

Le jeu propose deux réglages d’affichage traditionnels :

  • Le mode Qualité : Privilégie une résolution maximale et un niveau de détail très élevé à 30 images par seconde.
  • Le mode Performance : Vise une fluidité constante à 60 images par seconde. C’est ce dernier mode qui a eu ma préférence absolue lors du test. La fluidité reste parfaitement stable, y compris lors des courses effrénées en sandbike au milieu des dunes ou au cœur des tempêtes de sable les plus denses.

Seul regret sur le plan de la localisation : l’absence totale de doublages en français au lancement. Il faut se contenter des sous-titres en français. Même si l’on s’y fait rapidement, cela demande un effort d’attention supplémentaire durant les cinématiques et les tutoriels explicatifs.

Immersion DualSense – Une manette au service de la survie

L’intégration des fonctionnalités de la DualSense par les équipes de Funcom mérite de vrais éloges car elle apporte une véritable plus-value au gameplay sans jamais tomber dans le gadget superficiel.

Le retour haptique fait un travail remarquable en permettant de ressentir la différence de densité entre un sol de roche dure et une dune de sable instable sous les pas de notre personnage. Mais le coup de génie vient surtout de cette vibration sourde et rampante qui traverse la manette pour vous avertir de l’approche imminente d’un ver des sables. Un signal physique extrêmement immersif qui évite de garder les yeux rivés sur les jauges de l’interface en plein déplacement.

Du côté des gâchette adaptatives, elles sont mises à contribution de façon brillante pour traduire la mécanique du slow blade. Une résistance progressive très nette se fait sentir dans le doigt lorsque l’on tente de faire traverser la lame à travers le bouclier énergétique d’un adversaire, rendant les duels particulièrement tactiques et physiques.

Gameplay – Survie, combats tactiques et la terreur des Vers

Sur le plan mécanique, le jeu conserve toute sa profondeur. La progression s’articule autour de grandes classes comme Mentat, Swordmaster ou Trooper, tout en vous laissant la liberté d’acheter des compétences hybrides auprès de divers PNJ croisés en chemin. Le système de fabrication d’équipement est toujours aussi passionnant, vous permettant de construire vos propres drones, vos véhicules et vos modules de captation d’humidité.

Les affrontements restent d’une fidélité exemplaire au lore de Frank Herbert. Dégainer une arme à feu tout en maintenant son bouclier Holtzman activé s’avère mortel, vous obligeant à alterner intelligemment entre tirs à distance et duels au corps à corps. Ces derniers reposent sur un timing précis entre parades créant des ondes de choc et attaques lentes pour percer les défenses.

Enfin, la présence des vers géants apporte une tension permanente de chaque instant. Sensibles à la moindre vibration causée par vos pas, vos tirs ou vos véhicules, ces géants du désert ne pardonneront aucune imprudence. Se faire engloutir signifie la perte pure et simple de son inventaire, transformant chaque traversée de zone découverte en une véritable épreuve pour les nerfs.

Ce qui coince encore – De légers grains de sable dans l’engrenage

Même si cette mouture console représente la version la plus aboutie du titre, tout n’est pas encore parfait au royaume d’Arrakis :

  • L’interface a été largement repensée pour la manette, mais elle reste relativement dense et demande un temps d’adaptation pour le crafting complexe.
  • L’absence de voix en version française nuit légèrement à la fluidité de la narration dans un univers aussi riche en jargon scientifique et politique.
  • Certains systèmes de fin de jeu, à l’image du Landsraad et des intrigues inter-factions, manquent encore d’explications claires pour les joueurs isolés.
  • La courbe d’apprentissage de la survie pure reste exigeante durant les premières heures pour les joueurs peu habitués au genre.