Dès les premières secondes de jeu, Crimson Moon vous catapulte sans ménagement au cœur de l’action la plus totale. Développé par le studio ProbablyMonsters Inc, ce roguelike brutal vous glisse dans la peau d’un néphilim chargé de nettoyer les rues maudites de Gildenarch, infestées jusqu’à la gueule par des hordes démoniaques. Loin des superproductions lisses ou des récits inutilement bavards, le titre fait le pari d’un gameplay d’une immédiatement totale où la survie se mérite à la sueur du front. Si l’exigence de sa boucle de progression et la répétitivité des premiers échecs pourront en décourager certains, le jeu parvient à captiver par son dynamisme et son univers fascinant. Une expérience d’action très solide qui demande un cœur accroché et une bonne dose de ténacité.
Le contenu et la structure – Mourir, apprendre et recommencer
Crimson Moon repose sur une structure de roguelike particulièrement punitive qui annonce la couleur dès le prologue : vous allez mourir souvent. Le jeu est découpé en plusieurs missions accessibles depuis un hub central. Chaque mission se divise en trois sections suivies par un affrontement de boss coriace. Contrairement à des références comme Dead Cells qui proposent une transition fluide et naturelle d’une zone à l’autre, Crimson Moon vous renvoie systématiquement au hub après chaque mort ou chaque réussite. Ce système oblige à résélectionner manuellement le niveau depuis le départ, ce qui peut s’avérer un brin frustrant au début tant cela rappelle au joueur la perte de sa progression.
Heureusement, les échecs ne sont pas totalement vains. Chaque run permet de récolter de l’or et de l’expérience indispensables pour améliorer les statistiques permanentes de notre néphilim. Les premiers pas s’avèrent laborieux et demandent un certain temps d’apprentissage avant de pouvoir terrasser le tout premier boss. Cependant, une fois ce premier obstacle franchi et le personnage convenablement renforcé, le titre dévoile un côté terriblement addictif. Il devient alors bien difficile de décrocher de l’écran, poussant sans cesse à relancer une toute dernière tentative pour aller un peu plus loin dans la cité déchue.

Le système de combat et la prise en main – Une nervosité bien dosée
Sur le terrain de la baston, Crimson Moon va droit au but avec un système de combat accessible mais exigeant. La prise en main s’articule autour d’attaques faibles et lourdes, associées à un bouton de parade et un système de blocage. Au fil de votre progression, vous débloquez un arsenal d’armes dotées de compétences magiques consommant du mana. La vraie bonne idée vient de la jauge de transformation angélique qui permet, pendant un court instant, de déchaîner une puissance colossale. Cette compétence s’avère absolument vitale lorsqu’on se retrouve submergé par les monstres ou durant les phases les plus tendues des combats de boss.
Dans l’ensemble, la prise en main se montre fluide et réactive, offrant un retour d’impact très satisfaisant lors des coups portés. Tout n’est pas parfait pour autant : les commandes souffrent parfois d’une légère lourdeur ou d’une petite latence lorsque le rythme s’accélère face aux ennemis les plus rapides. De plus, si le bestiaire propose une variété honnête au fil de l’aventure, le jeu abuse un peu trop des squelettes. Ces créatures de base finissent par lasser tant elles sont omniprésentes dans chaque recoin de chaque niveau.

Graphismes et technique – Un univers prometteur mais trop sage
Visuellement, Crimson Moon se situe dans une honnête moyenne. Les décors de Gildenarch offrent une ambiance dark fantasy réussie avec des rues sombres et gothiques, mais l’ensemble manque un peu d’imagination et de renouvellement au fil des tableaux. La direction artistique reste classique et peine à surprendre sur la durée. On saluera toutefois la stabilité globale du titre qui conserve une fluidité constante même lorsque des dizaines d’ennemis envahissent l’écran dans un déferlement d’effets magiques.
Sur le plan technique, nous avons croisé un bug assez singulier mais plutôt cocasse : lors d’une mort, notre héros s’est retrouvé bloqué dans un état de fantôme invisible pour les ennemis. Tout en étant incapable de donner des coups normaux, il était encore possible d’utiliser la magie pour attaquer, nous permettant de traverser le niveau et de terrasser le boss final en tant que spectre accidentel. En dehors de cet incident isolé, le jeu tourne très bien et ne souffre pas de gros problèmes bloquants.

Ambiance sonore et narration – Un enrobage sonore efficace pour une histoire en retrait
L’ambiance sonore réalise un travail d’une grande efficacité pour renforcer la frénésie constante des affrontements. Les bruitages d’impacts métalliques, les sons de coups tranchants et les déflagrations magiques apportent une lourdeur particulièrement satisfaisante à chaque assaut. La musique sait monter en puissance durant les batailles rangées et les affrontements contre les boss, proposant des pistes sombres et énergiques qui collent parfaitement à l’atmosphère gothique du titre. Les doublages des rares personnages présents dans le hub s’avèrent également convaincants et apportent un peu de vie entre deux expéditions.
En revanche, le constat est plus mitigé concernant la narration. Le lore et le monde imaginé par les développeurs sont réellement passionnants, mais l’histoire se résume malheureusement à de simples fichiers texte à ramasser dans les niveaux. C’est dommage, car cet univers sombre méritait une véritable mise en scène cinématographique plutôt que de simples paragraphes à lire entre deux bastons.

Les rares limites – Des choix de game design parfois frustrants
Si le plaisir de jeu est bien présent, quelques défauts viennent ternir le tableau. La progression initiale est particulièrement lente et impose un grinding assez lourd sur la toute première mission. De plus, le retour forcé au hub entre chaque étape hache inutilement le rythme de jeu par rapport à d’autres productions du même genre. Enfin, la narration quasi inexistante en dehors des textes à lire et la répétitivité de certains ennemis (notamment les squelettes) empêchent le titre de viser plus haut.
Verdict LPDD
Conclusion et verdict : Faut-il craquer pour Crimson Moon ?
En conclusion, Crimson Moon est un jeu d’action et un roguelike très efficace qui saura séduire les amateurs de combats nerveux et de défis relevés. Avec son gameplay accrocheur, sa transformation angélique réjouissante et la grande satisfaction procurée par la montée en puissance du héros, le studio ProbablyMonsters Inc délivre une copie très honnête.
Malgré une narration trop discrète, une certaine répétitivité dans ses premiers niveaux et une structure qui hache un peu le rythme, le titre offre un plaisir défoulant et immédiat. Une pioche recommandable pour tous ceux qui cherchent un bon défouloir sombre et exigeant.
On aime
Le système de combat nerveux et la transformation angélique temporaire.
La boucle de progression très addictive une fois le premier cap franchi.
Un univers dark fantasy et démoniaque au potentiel visuel très attrayant.
Les mots d’encouragement des personnages du hub qui motivent à retenter sa chance.
On aime moins
La surutilisation des squelettes et le manque de variété du bestiaire.
La narration trop en retrait par rapport à la richesse potentielle du lore.
Le retour systématique au hub qui hache la progression par rapport à d’autres roguelikes.


