Si vous avez toujours rêvé de retrouver la nervosité millimétrée et le sens du timing de Hotline Miami, mais que vous regrettiez de jouer de simples humains portant des masques au lieu d’incarner de véritables animaux anthropomorphes, Kusan: City of Wolves est le titre qu’il vous faut. Développé par le studio indépendant coréen CIRCLEfromDOT et proposé au tarif particulièrement accessible de 14,99 euros, ce jeu, d’action en vue du dessus ne cache à aucun moment ses inspirations culte. Pourtant, sous ses airs d’hommage appuyé et sanglant, cette production cyberpunk réussit à imposer sa propre identité grâce à des mécaniques originales, un système de personnalisation gratifiant et une exigence technique à couper le souffle.

Dans Kusan: City of Wolves, vous incarnez Jin, une panthère noire au tempérament glacial et au passé trouble, plongée dans une métropole cyberpunk dystopique où la violence brutale constitue la seule véritable monnaie d’échange. L’intrigue vous propulse au cœur d’un univers poisseux fait de conspirations politiques, de flics corrompus et de terrorisme psionique, où des factions armées jusqu’aux dents tentent d’anéantir la cité de l’intérieur. Entre votre passé d’ancien soldat, des alliances de circonstance conclues dans l’ombre et la protection inattendue d’un jeune enfant lapin devenu la cible de tous les cartels, le scénario s’articule comme une bande dessinée néonisée d’une grande classe. Bien que la narration s’avère parfois secondaire et un brin difficile à suivre au seul regard des planches illustrées, le chara-design percutant et le soin apporté à la mise en scène des cinématiques suffisent amplement à poser un cadre captivant.

Un gameplay viscéral, exigeant et hautement personnalisable

Le gameplay de Kusan: City of Wolves repose donc sur un principe fondamental d’une exigence absolue : la mort survient en un seul coup reçu, tant pour vos ennemis que pour votre héros. Chaque salle et chaque étage s’apparentent ainsi à de véritables puzzles tactiques à résoudre à toute vitesse, où vous devez scruter la disposition des pièces depuis une vue aérienne parfaitement lisible. Il faut immédiatement repérer les patrouilles de corps-à-corps prêtes à vous fondre dessus dès le premier contact visuel, tout en anticipant les lignes de tir des sbires armés pour les neutraliser avant qu’ils ne vous éliminent instantanément.

La War-Hand et la grille d’améliorations

Pour survivre à cette boucherie de huit heures d’aventure, Jin dispose d’un arsenal mortel qu’il convient de maîtriser sur le bout des doigts. Votre arme principale n’est autre que la War-Hand, un bras prothétique hydraulique capable de délivrer des coups de poing dévastateurs, de défoncer des portes à distance pour pulvériser les ennemis situés derrière, et même de parier les balles ou les roquettes ennemies pour les renvoyer directement à leurs expéditeurs. Ce poing d’acier est complété par un couteau quantique à ciblage automatique et un éventail d’armes à feu à faible capacité mais d’une précision chirurgicale.

La grande force du titre réside dans son système d’amélioration original : l’équipement et les compétences prennent la forme de puces géométriques qu’il faut organiser sur une grille à la façon d’un Tetris. Débloquer de nouvelles capacités ou augmenter le chargeur d’un pistolet agrandit la taille de sa puce, vous obligeant à faire des choix drastiques entre puissance de feu et modules d’esquive.

L’expérience ne laisse que très peu de place à l’erreur et demandera des réflexes d’acier pour venir à bout des vagues ennemies. La variété du bestiaire incluant des taureaux de combat fonçant à toute allure, des chiens-robots armés de lames et des drones kamikazes volant par-dessus le mobilier impose un renouvellement constant des tactiques. De plus, la progression est pimentée par des séquences de poursuites en moto dans les rues illuminées de la ville et par l’aide ponctuelle d’Ayn, un Doberman allié qui tire à intervalles réguliers pour étourdir les adversaires. On regrettera toutefois une difficulté globale sans concession qui pourra rebuter les joueurs moins chevronnés, ainsi que des combats de boss extrêmement ardus dont les motifs d’attaque et les zones de collision (hitboxes) parfois suspectes exigeront plus d’une heure de tentatives acharnées pour en venir à bout.

Une réalisation artistique néon et ultra-stylisée

Sur le plan visuel, Kusan: City of Wolves brille par sa direction artistique de type roman graphique cyberpunk gorgée de néons étincelants, de contrastes sombres et de gerbes de sang giclant sur le sol. Les animations d’une fluidité irréprochable, le design anthropomorphe ultra-soigné de chaque personnage et la violence graphique des exécutions donnent un punch incroyable à la moindre fusillade. Malgré la vitesse folle de l’action et le chaos ambiant des affrontements, l’action conserve une lisibilité exemplaire qui permet de planifier ses déplacements au millimètre près.

Une bande-son hip-hop dynamique et envoûtante

La partie sonore du titre constitue une merveille absolue qui dynamite le rythme des affrontements de la première à la dernière minute. Contrairement aux sonorités synthwave ou rétro habituellement associées au genre, la bande originale opte pour des compositions hip-hop énergiques et du boom-bap percutant sublimé par des boucles de batterie appuyées, des échantillons de flûte et des thèmes de cuivres envoûtants. Les morceaux joués dans les écrans d’amélioration et de boutique offrent de véritables parenthèses de calme stylées, tandis que le bruitage chirurgical des impacts de balles et des déflagrations mécaniques renforce le sentiment de puissance brute.

Le scénario – Un thriller cyberpunk nerveux

L’intrigue narrative sert de fil conducteur particulièrement efficace à ce déluge d’action et de violence urbaine. Même si le récit s’avère parfois un peu difficile à décortiquer lors des transitions rapides entre les chapitres, le ton poisseux de cette métropole corrompue et le développement des relations entre la panthère stoïque et ses compagnons d’infortune fonctionnent à merveille. L’atmosphère de film noir anthropomorphe apporte un vrai plus qui distingue le jeu des simples shooters d’action décérébrés.

Ma conclusion

En conclusion, Kusan: City of Wolves est une réussite totale et un coup de cœur absolu pour tous les adeptes de jeux d’action en vue du dessus exigeants. En combinant un système de combat d’une nervosité folle, une personnalisation poussée par grille et une identité sonore et visuelle hip-hop/cyberpunk d’une grande classe, le studio CIRCLEfromDOT livre un titre brutal, gratifiant et diaboliquement addictif à ne manquer sous aucun prétexte.

8.5/10

Résumé

Les +

  • Combat

  • Personnalisation

  • Musique

  • Nervosité

Les –

  • Difficulté

  • Bosses

  • Traduction

  • Imprécisions