Autant te dire que lorsque Jagex a annoncé RuneScape: Dragonwilds, un énième spin-off surfant sur la nostalgie, j’ai levé les yeux au ciel. Pourtant, après des dizaines d’heures à explorer Ashenfall, à bâtir des forteresses et à terrasser des dragons, je dois me rendre à l’évidence : ce jeu de survie en coopération ne cherche pas à copier bêtement son grand frère MMO. C’est précisément pour cela que la magie opère.

RuneScape: Dragonwilds bouscule totalement nos habitudes de vieux routards de la franchise. Développé sous Unreal Engine 5 par Jagex, ce titre s’éloigne radicalement du format MMO traditionnel pour nous proposer un jeu de survie et d’artisanat jouable de 1 à 4 joueurs en coopération. Disponible sur PC via Steam au prix très compétitif de 29,99 euros, le jeu nous parachute sur Ashenfall, un continent sauvage et totalement oublié du monde de RuneScape. L’univers y est menacé par une magie d’anima instable qui réveille d’anciens dragons de leur sommeil. Ton but ? Survivre, récolter des ressources, fabriquer tes outils et éliminer la Reine des Dragons.

Un gameplay hybride qui injecte l’ADN de RuneScape dans la survie

Le gameplay de RuneScape: Dragonwilds repose sur des bases bien connues. Par exemple, couper des arbres, miner des roches, fabriquer des armes et chasser pour ne pas mourir de faim. Cependant, l’intégration des compétences emblématiques de la saga apporte une profondeur inédite. Ici, monter ton niveau de Coupe de bois ou de Minage ne sert pas juste à frimer devant tes potes. En effet, ces compétences sont vitales pour améliorer tes outils et fortifier ton abri avant la tombée de la nuit. La progression est ainsi gratifiante et chaque palier débloqué offre un sentiment de puissance immédiat, bien plus tangible que dans l’original.

La véritable innovation réside dans le système de sorts de compétences, une idée tout simplement brillante pour dynamiser la récolte. En fabriquant des runes à partir de réactifs magiques trouvés sur Ashenfall, tu débloques des pouvoirs utilitaires uniques. Le sort Axtral Projection, par exemple, te permet de couper des lignes entières d’arbres en un seul coup. Cette mécanique transforme donc la corvée de farm en un mini-jeu d’optimisation tactique jubilatoire. Malheureusement, la gestion de l’inventaire vient un peu gâcher la fête : la limite de poids est trop restrictive, t’imposant des allers-retours incessants à ta base.

Un système de construction qui brille !

De son côté, le système de Construction brille par son accessibilité. Le magnétisme de la grille de placement ainsi que les options de transparence rendent la création de structures intuitive et agréable. Ta cabane en bois de départ se transforme rapidement en un immense complexe industriel. En effet, il est doté d’ailes dédiées à la forge, à la cuisine ou aux potions. En revanche, la progression est très dépendante des quêtes narratives dictées par des PNJ comme le célèbre Wise Old Man. Ce choix de game design linéaire pourra frustrer les joueurs qui préfèrent ignorer l’histoire pour monter leurs compétences librement à leur propre rythme.

Un système de combat qui manque encore cruellement d’impact

C’est malheureusement le gros point noir actuel de RuneScape: Dragonwilds, ce sont les combats en temps réel à la troisième personne. Ceux-ci manquent cruellement de répondant. Les affrontements à l’épée contre des rats ou des gobelins manquent d’impact visuel. De plus, les bruitages s’apparentent trop souvent à de simples bruits de claques. De plus, la gestion de la jauge d’endurance est particulièrement punitive, une panne de stamina en plein combat se transformant quasi systématiquement en arrêt de mort. Les mécaniques d’attaque à distance et de magie offensive sont encore très sous-développées par rapport aux armes de mêlée.

Heureusement, les combats de boss majeurs, notamment contre le premier dragon General Velgar, relèvent le niveau en proposant des affrontements épiques dignes de ce nom. Les donjons sous forme de cryptes Dragonkin offrent également d’excellents moments de tension, mélangeant habilement pièges, énigmes et gardiens redoutables. Note aussi que le jeu est entièrement coopératif en PvP (Joueur contre Joueur) totalement absent, ce qui évite toute forme de toxicité sur les serveurs mais réduit le sentiment de danger permanent propre à l’ancienne Wilderness.

Des graphismes qui modernisent l’esthétique de Gielinor

Sur le plan technique, RuneScape: Dragonwilds profite pleinement de la puissance d’Unreal Engine 5 pour offrir un rendu visuel superbe tout en respectant l’identité de la franchise. Le design cartoon des personnages rappelle immédiatement le style de RuneScape 3, mais avec un niveau de finition, des éclairages et des textures nettement supérieurs. Les différents biomes d’Ashenfall sont magnifiques et la distance d’affichage s’avère impressionnante, même si l’activation du DLSS reste recommandée sur les configurations modestes. Le portage de l’interface à la manette est globalement soigné, malgré quelques bugs persistants sur le menu radial des sorts qui seront corrigés avant la sortie finale.

Une bande son nostalgique et immersive

L’ambiance sonore de RuneScape: Dragonwilds souffle le chaud et le froid mais fait vibrer la corde sensible des vétérans. Les musiques d’ambiance sont excellentes et s’effacent intelligemment pour laisser place aux sons de la nature ou au crépitement réconfortant du feu de camp. Les bruitages liés à l’artisanat et au minage sont très satisfaisants pour les oreilles. Pour les anciens joueurs, entendre le jingle culte lors d’un passage de niveau ou écouter le Wise Old Man s’exprimer pour la première fois avec un vrai doublage vocal procure un sentiment de nostalgie absolument fantastique. Dommage que les sons des impacts au corps à corps manquent encore de puissance.

Le scénario – Une ode au mythique Dragon Slayer

L’intrigue narrative de RuneScape: Dragonwilds s’inspire très largement des plus grandes heures du MMO, se positionnant comme un hommage direct à la quête légendaire Dragon Slayer. Guidé par le Wise Old Man, tu dois suivre les traces de Cathan, un aventurier déchu qui a échoué à éliminer les menaces locales. L’histoire t’amène à enquêter sur des tribus de gobelins adoratrices de dragons et à fouiller des ruines ancestrales. L’écriture conserve ce ton décalé, un peu absurde et bourré d’humour typique des productions Jagex, ce qui rend le suivi de la campagne principale très plaisant à suivre en solo comme à plusieurs.

Ma conclusion et ma note finale

Sous l’impulsion de son nouveau PDG Jon Bellamy lui-même joueur vétéran depuis 20 ans, Jagex prouve avec RuneScape: Dragonwilds qu’il est capable de diversifier sa licence historique sans trahir sa communauté. Le jeu a déjà séduit près d’un million d’acheteurs en accès anticipé. Malgré un système de combat perfectible et un rythme de mises à jour de contenu un peu lent ces derniers mois, les bases de cette aventure de survie sont extrêmement saines. C’est un spin-off solide, rafraîchissant et respectueux de ses origines, idéal à parcourir avec une bande de copains.

7.5/10

Résumé

Les +

  • Magie

  • Construction

  • Nostalgie

  • Coopération

Les –

  • Combats

  • Inventaire

  • Linéarité

  • Lenteur