Porter l’héritage d’un monument comme Bully (Canis Canem Edit) de Rockstar Games est une tâche immense, surtout quand le studio Refugium Games affiche ouvertement ses influences. Malheureusement, après avoir parcouru les six premières missions de Agefield High: Rock the School, le constat est sans appel : le titre ressemble davantage à une mauvaise blague d’adolescent qu’à une satire sociale percutante. Baigné dans une nostalgie creuse du début des années 2000, le jeu enchaîne les clichés dignes d’une parodie sans saveur d’American Pie, le tout saupoudré de mécaniques de jeu datées. Malgré une date de sortie calée au 12 août 2026 sur PC, le titre accumule tellement de tares structurelles, de bugs et de rigidités qu’il semble impossible de redresser la barre à temps.

L’aventure de Agefield High: Rock the School vous parachute dans la petite ville d’Agefield, une banlieue américaine typique à l’ambiance morose. Le joueur y incarne un lycéen rebelle qui doit naviguer entre les cours, préserver sa moyenne générale, livrer de la nourriture pour gagner de l’argent et corriger les brutes de son école. Sur le papier, le pitch rappelle immédiatement les grandes heures des comédies coming-of-age. Pourtant, l’écriture s’avère superficielle et dénuée de toute pertinence culturelle. La ville, minuscule et se résumant à l’équivalent de quatre pâtés de maisons, est peuplée de clones de PNJ n’ayant que cinq lignes de dialogue à répéter en boucle. La direction narrative enchaîne les stéréotypes fatigants et les cinématiques accumulent les pires choix de cadrage imaginables, avec des gros plans fixes interminables sur les visages figés des personnages, brisant instantanément toute tentative d’immersion.

Gameplay de Agefield High – Entre infiltration ratée et combats rigides

Le gameplay de Agefield High: Rock the School se divise en plusieurs activités scolaires et urbaines, mais aucune ne parvient à convaincre en raison d’un manque flagrant de finition technique. Les segments d’infiltration, pensés pour illustrer les bêtises classiques de lycéens (comme le vol dans la salle des profs), souffrent d’une intelligence artificielle totalement aux fraises. Malgré la présence d’un cône de vision et d’un indicateur de détection sur l’interface, les ennemis disposent d’une sorte de vision à rayons X capable de vous repérer à travers les murs ou depuis un autre étage, transformant ces séquences en véritables moments de frustration.

Des combats frustrants et une physique de collision chaotique

Le système de combat au corps à corps représente sans doute l’élément le plus raté de l’expérience.

Bien qu’un système de verrouillage de cible soit présent, les attaques manquent totalement de suivi automatique et de dynamisme. Chaque coup de poing ou de pied fige instantanément les mouvements de votre personnage, brisant toute notion de combo ou de fluidité tactique. Paradoxalement, les impacts manquent cruellement de poids tandis que les déplacements du héros semblent excessivement lourds, provoquant de nombreux coups dans le vide alors que l’ennemi se trouve juste devant vous.

La seule note à peu près acceptable de cette démo réside dans les déplacements en vélo. Parcourir la ville en effectuant quelques figures sur des rampes offre de légères sensations, bien que la physique globale lors des collisions soit particulièrement loufoque. Les chutes déclenchent un effet ragdoll rigolo mais totalement imprévisible, qui a la fâcheuse tendance de faire réapparaître votre vélo dans des textures ou des zones inaccessibles, provoquant des blocages de progression réguliers.

Mini-jeux et emploi du temps – Une scolarité ennuyeuse

En marge de vos altercations, vous devez vous plier au rythme de l’horloge interne du lycée pour assister aux cours d’anglais, d’allemand, de géographie, de mathématiques et de musique. Malheureusement, l’originalité n’est pas au rendez-vous : à l’exception de la musique, toutes les matières partagent exactement le même mini-jeu sous forme de questionnaire à choix multiples, où seule la thématique change. Les cours de musique tentent de copier mollement le style de Guitar Hero, mais le jeu de rythme souffre d’un manque cruel de réactivité et d’un décalage permanent avec le tempo de la bande-son. Si vous décidez de sécher les cours pour tondre des pelouses ou faire des livraisons, le jeu braquera les forces de l’ordre contre vous, sans que cela n’apporte la moindre plus-value ludique.

Graphismes et technique – L’effet Uncanny Valley en plein cœur

Sur le plan visuel, Agefield High: Rock the School affiche une direction artistique d’une pauvreté technique alarmante. Le monde est gris, plat et dénué de toute identité visuelle propre, au point de donner l’impression désagréable d’un projet généré artificiellement sans aucune cohérence artistique. Les modélisations des personnages tombent en plein dans l’effet de la « vallée de l’étrange » (uncanny valley) : les visages s’animent de façon robotique et inconfortable, rendant les dialogues risibles. De plus, le studio Refugium Games s’est fendu de plagiats visuels flagrants, certains PNJ ressemblant de manière très inconfortable à de vraies célébrités, à l’image d’un vieil homme nommé Clint tout droit sorti d’un western de Clint Eastwood.

Bande-son et ambiance – Un vide sonore abyssal

La partie sonore est à l’avenant du reste de la production. Les bruitages manquent d’impact, les doublages manquent cruellement de conviction et les musiques de style faux-punk tournent en boucle jusqu’à la migraine. La spatialisation sonore est inexistante et les répétitions incessantes des voix des passants viennent achever les oreilles du joueur après seulement quelques minutes d’exploration.

Conclusion

En conclusion, Agefield High: Rock the School est très loin d’être le digne successeur de Bully que la communauté des joueurs attendait de ses vœux. Avec son écriture d’une pauvreté abyssale, ses combats catastrophiques, ses mécaniques de mini-jeux paresseuses et ses innombrables bugs de collision, le titre de Refugium Games semble condamné à obtenir un statut de nanar vidéoludique. À moins d’un miracle absolu avant sa sortie officielle, le redoublement est assuré pour ce projet qui rate absolument tout ce qu’il entreprend.

4/10

Résumé

Les +

  • Vélo

  • Livraisons

Les –

  • Écriture

  • Combats

  • Infiltration

  • Mini-jeux

  • Technique

  • Bugs

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