L’ambition peut ne pas toujours mener à son terme. Starfield est-il à la hauteur de ses promesses stratosphériques ?
L’année 2023 a déjà comblé les amateurs de jeux vidéo avec des pépites ludiques. Je penses notamment à Baldur’s Gate III sortit tout récemment ou encore Zelda TotK. Après toutes ces joyeusetés, voici qu’une nouvelle pépite pointe le bout de son nez pour la rentrée. Starfield, la toute dernière création des studios Bethesda. Après avoir donné naissance à des titres cultes tels que Fallout et Skyrim, les développeurs s’attaquent désormais à l’espace et tout ce qu’il renferme. C’est donc après 25 années que le studio nous propose une nouvelle IP.
Depuis son annonce en 2018, il n’est plus nécessaire de présenter Starfield. Ce titre d’aventure en monde ouvert, ayant pour toile de fond l’espace dans son sens le plus large, suit la lignée du controversé No Man’s Sky. La nouvelle franchise de Bethesda mise sur son univers expansif pour charmer les joueurs en quête de liberté, d’émotions et d’action. Êtes-vous prêt à vous envoler ? Voici notre avis de Starfield !
Starfield, c’est un plongeon dans les étoiles
Avant de nous lancer dans ce test, il est important de vous rappeler deux points. Premièrement, vous devez savoir que nous avons exploré autant de facettes du jeu que possible, mais sa vaste étendue implique que quelques détails ont pu nous échapper. Cependant, d’une manière générale, le jeu nous a fortement impressionnés. Deuxièmement, avec sa sortie officielle prévue dans deux jours nous n’avons eu qu’un accès anticipé au jeu. Nous n’avons donc malheureusement pas eu le temps qu’un jeu du telle envergure requiert afin d’être parcouru en long et en large.
N’empêche, force est de constater que Bethesda réussi le pari fou de nous immerger dans le vaste monde que constitue Starfield. En effet, dès le début du jeu, on se glisse dans la peau d’un ouvrier chargé d’extraire des matériaux dans une mine. Lors de la récupération d’un métal étrange, notre personnage fait l’expérience d’une vision et s’effondre. C’est alors que la création de notre héros commence.
Les options de personnalisation de Starfield sont nombreuses, allant de la couleur des cheveux à la forme du nez, en passant par la morphologie et les pronoms. L’accent est mis sur la création du protagoniste avec qui nous allons passer des dizaines d’heures. Cependant, l’importance du fond égale celle de la forme. Nous pouvons également choisir l’histoire, son background donc ainsi que sa personnalité. Ces éléments ne sont pas purement esthétiques, car ils influenceront nos choix et compétences au cours de l’aventure.
En pratique, toutes les compétences peuvent être acquises en gagnant des points à chaque montée de niveau (ce qui n’est pas le cas pour l’histoire personnelle). Elles sont regroupées en cinq catégories. Allant du social au combat, en passant par les compétences techniques et scientifiques. Ces caractéristiques témoignent de l’implication du studio, non seulement en matière d’originalité, mais aussi d’immersion.

Exploration et aventure
Au premier abord, l’intrigue de Starfield peut sembler assez classique. Durant les premières heures de jeu, elle peut paraître conventionnelle. Cependant, sa simplicité initiale cache des ramifications intéressantes. Elle nous conduit à rencontrer des personnages attachants et à explorer les confins de l’univers pour en percer les mystères, que ce soit pacifiquement ou pas. Assembler les morceaux d’artefacts peut parfois s’avérer difficile, même pour une organisation en apparence neutre. Si la paix n’est pas votre préférence, vous avez également la possibilité de rejoindre diverses factions armées ou de vous adonner à des activités illégales.
Qu’on soit pacifiste ou non, l’essence du jeu reste indubitablement l’exploration. Starfield compte des dizaines de systèmes et 1000 planètes. Comme on pouvait s’y attendre, nombre d’entre elles sont inhabitées, voire hostiles, tandis qu’une poignée sont au cœur de quêtes principales ou annexes. Missions personnelles, services pour la communauté et recherches scientifiques ponctuent le quotidien de notre héros aux multiples visages.

Vous n’êtes jamais seul !
Cette aventure ne se vit pas nécessairement en solitaire. Des compagnons se joindront à vous au fil de l’histoire. Il vous faudra les apprivoiser et les recruter pour les affecter à votre vaisseau, avant-poste ou pour des missions conjointes. Bethesda pousse le souci du détail jusqu’à les intégrer aux dialogues pour qu’ils répondent à votre place. Cependant, en combat, ils sont moins utiles. Malgré nous, il peut parfois être nécessaire de recourir à l’affrontement pour atteindre nos objectifs.
Admettons-le : malgré notre faible inclination pour ce type de gameplay, nous avons trouvé notre compte en jouant à Starfield. Les mécaniques de tir sont efficaces et l’action est au rendez-vous. Selon le niveau de difficulté choisi, l’expérience reste équilibrée, offrant de nombreuses solutions aux problèmes évidents. Cependant, l’absence presque totale de fonctionnalités d’infiltration au début du jeu est regrettable. Certaines compétences peuvent être acquises, mais cela exige des compromis. J’ai d’ailleurs vu des tenues qui vous rendent invisible lorsque vous êtes accroupis. Maintenant où se trouve cette tenue et comment l’obtenir, je vous laisse la trouver.

Les différentes factions
Dans Starfield, il y a 5 factions que vous pourrez rejoindre. Constellation, l’organisations que vous rejoindrez dès le début du jeu et qui vous permettra de suivre la quête principale. Liber Astra, ce sont en quelque sorte les rangers de l’espace. L’union Coloniale, c’est la police ou plutôt le gouvernement. Il y a également la Flotte Écarlate, ce sont des pirates hors-la-loi. Et enfin pour conclure, Ryujin Industries, l’entreprise de Néon City. Une ville dans un style cyberpunk assez sympa. Vous aurez donc de quoi faire, mais surtout voir dans quelle direction le jeu va vous emmener. En tout cas, si vous êtes un adepte de la patte scénaristique de Bethesda, vous savez a quel point le studio peut vous emmener loin en termes de scénario…
Il existe également des factions que vous ne pourrez pas « officiellement rejoindre » mais, ils vous proposeront des missions annexes. Je pense notamment aux religieux, la Maison des Lumières, Grand Serpent ou encore Sanctum Universum. Il y a encore la GalBank ou encore des mercenaires bref, vous n’êtes pas prêts de voir le bout du tunnel…

Les performances technique de Starfield
Heureusement, quelques outils sont à votre disposition pour vous faciliter la tâche. Starfield est typiquement le genre de jeu qui pousse l’immersion jusqu’à la personnalisation de vos armes et techniques de combat.
Pour cela, des établis vous permettent de modifier les couteaux et armes à feu que vous acquérez. Des mods sont nécessaires et peuvent être directement recherchés dans votre vaisseau, grâce à une interface dédiée. Votre vaisseau est à la fois votre maison et un moyen de réaliser de grands voyages en toute sécurité. Il est aussi un espace de stockage assez conséquent pour y entreposer toutes sortes de marchandises… Attention à la contrebande, cela pourrait vous jouer de mauvais tour…
Personnalisation, ce n’est pas qu’un mot pour Bethesda, mais un concept de jeu !
Il va de soi que la personnalisation est reine dans Starfield. Votre aventure, votre personnage, votre base, votre vaisseau. Des extérieurs à la couleur des modules que vous ajoutez, tout est personnalisable. Il vous faudra cependant des ressources mais aussi et surtout des crédits afin de réaliser le vaisseau de vos rêves. Il y a déjà sur la toile des joueurs qui se sont amusés à reproduire des vaisseaux mythiques tels que vous avez pu voir dans Star Wars, Batman avec son Batwing…
Si l’envie vous prend, vous pouvez même endosser le rôle de pilote professionnel. Assis dans le cockpit, un univers infiniment vaste s’étend devant vous, avec un tableau de bord également personnalisable. La puissance de votre vaisseau peut être répartie selon six catégories, en fonction de vos objectifs. L’alimentation du moteur augmente la vitesse, tandis que l’astromoteur accélère les sauts spatiaux. Chaque arme est alimentée indépendamment et votre vaisseau est également doté d’un bouclier. Vous devrez apprendre à piloter votre vaisseau car il arrivera souvent qu’il explose lors de certains combats mal préparés.
Aux commandes, avouons-le, la sensation de navigation n’est pas ce à quoi je m’attendais. Malgré la vitesse, l’espace environnant ne donne pas l’impression d’avancer. Néanmoins, piloter en donnant des ordres avec les boutons et les joysticks, à la manière d’un tableau de bord réel, procure un certain plaisir. Les combats spatiaux sont plutôt fluides, et la possibilité de s’amarrer et d’attaquer de front est appréciée. Si la qualité technique est parfois impressionnante, elle peut aussi être à double tranchant.

La bande son
S’il y a bien une chose qui ne déroge pas à la règle chez Bethesda, c’est bien la bande-son d’un jeu. Que ce soit Skyrim ou encore Fallout, bien des années plus tard, certaines mélodies sonnent encore dans ma tête. Pour ce Starfield, le studio frappe fort une nouvelle fois avec une OST (Original SoundTrack) incroyable et des musiques qui tombent à chaque fois pile au bon moment. Que ce soit lors d’exploration, en combat ou tout simplement lorsque vous vous promenez en ville, tout est millimétré tel un orchestre symphonique. En parlant d’orchestre, c’est l’orchestre symphonique de Londres qui a été choisi pour réaliser cette œuvre. Un régal pour vos oreilles, mais aussi afin de vous offrir une immersion totale.
D’ailleurs, je ne sais pas si vous l’avez écoutée, mais le groupe Imagine Dragons… Skyrim^^… a réalisé un single sur le thème de Starfield intitulé Children from the sky. Si vous ne l’aviez pas encore écouté, je vous la dépose juste ici en dessous. Ce fut apparemment un honneur partagé entre le groupe et le studio tous fans respectifs de ce que fait l’autre.
Starfield: bien au-delà des étoiles
Si un mot devait caractériser Starfield, ce serait « liberté » . Bethesda fait tout pour diversifier les plaisirs et offrir de multiples alternatives à chaque aspect du jeu. Résultat : un produit complet et complexe. Cette richesse se manifeste dans les détails du quotidien, comme la possibilité de saisir presque tout ou de se déplacer à sa guise. Cette liberté est également perceptible dans les dialogues, éléments clés de chaque mission.
Si vous partagez notre orientation, vous pouvez apaiser les tensions, comprendre les situations et aider les personnages que vous rencontrerez. Le contraire est également envisageable. Il n’y a pas de hiérarchie dans les dialogues, qui s’ajustent toujours à vos réponses précédentes ou à ce que vous avez suscité chez votre interlocuteur. Les transitions entre chaque choix sont incroyablement fluides, renforçant le plaisir de cet aspect du gameplay. Vos compagnons se souviendront de vos choix mais aussi de vos actes. Libre à vous de voler, mal vous comporter ou tout simplement être une bonne personne.

Mais…
Cependant, la liberté s’accompagne d’une grande autonomie. Starfield est un univers si vaste qu’il est facile de s’y perdre. Même en mode facile, Bethesda ne vous prend pas par la main et mise sur l’intelligence des joueurs pour trouver certaines réponses. La plupart par eux-mêmes. Tout est interactif (bâtiments, marchands, citoyens lambda, ascenseurs, etc.), mais vous devrez fouiller pour trouver ce que vous cherchez et révéler le potentiel de vos activités. Le jeu ne facilite pas les choses, ce qui, d’une certaine manière, est une bonne chose, même si cela signifie que certains joueurs habitués à des titres plus dirigistes ou explicites devront s’adapter.
Cela vaut également pour la durée de vie du jeu, qui dépendra de vos choix et est finalement illimitée. Sur le peu de temps que nous avons consacré à Starfield, nous n’avons qu’effleuré l’intrigue principale et tenté de diversifier autant que possible nos missions. La suite de l’aventure, vous la vivrez avec Chebplay lors de ses live sur la chaîne Twitch. En vérité, cela s’explique aussi par le temps nécessaire à chaque action dans Starfield. Ce jeu doit être savouré sur le long terme plutôt que rechercher l’instantanéité. L’aventure réside également dans les détails, qu’il s’agisse de l’animation de la glace qui se brise lors de l’atterrissage sur une planète gelée, de la gravité qui change en fonction des données planétaires ou des soins adaptés à chaque affection.
Cela s’associe à des environnements magnifiques, parfois répétitifs mais porteurs d’une identité narrative forte, ainsi qu’à des compositions musicales déjà parmi nos préférées. Nous apprécions particulièrement le traitement de la lumière et les ambiances jour/nuit distinctes. Starfield compte peu de cinématiques, offrant toujours un point de vue très humain sur cet espace que nous appréhendions tant.
Le delà de l'infini
Starfield se distingue parmi les étoiles avec ses ambitions grandioses, réconciliant les joueurs avec l’immensité de l’univers. Le jeu séduit dès qu’on découvre son potentiel, ne mâchons pas nos mots. Entre les récits de guerres spatiales, les choix aux conséquences profondes, les combats et l’exploration pure du monde ouvert, il offre aux joueurs la liberté de vivre leur aventure à leur manière. L’identité visuelle et qualité artistique globale, ainsi que la liberté dans tous les aspects du jeu, enrichissent l’expérience. Les dialogues et interactions avec les PNJ ajoutent une couche d’immersion appréciable, tout comme l’exploration de l’univers vaste et ouvert enrichit le gameplay. Cependant, quelques bugs mineurs, latence et temps de chargement peuvent parfois entacher cette expérience immersive. De plus, l’absence de carte détaillée de la zone peut rendre la navigation plus complexe. Malgré ces points faibles, l’ensemble demeure captivant, envoûtant. Même si une sensation de vol hasardeuse peut surgir, les points forts l’emportent nettement, faisant de Starfield une référence spatiale incontestable.