Il y a plus d’une décennie, la Nintendo Wii accueillait une version étonnamment sombre de la célèbre souris de Disney. Loin du ton lisse et ultra positif qu’on lui connaît, Mickey se retrouvait plongé dans un univers alternatif glauque, armé d’un pinceau magique. Aujourd’hui, THQ Nordic ressuscite cette aventure avec Disney Epic Mickey: Rebrushed. Et si la Switch première du nom aurait sans doute eu du mal à encaisser les améliorations visuelles, l’arrivée de ce remaster sur Switch 2 est l’occasion parfaite de vérifier si le concept a bien vieilli. On a pris le pinceau en main, et le constat est étonnamment solide.
Scénario et Univers : le côté obscur (mais familial) de Disney
L’introduction du jeu reste l’une des plus drôles, même involontairement, de l’univers Disney. Par simple curiosité, Mickey traverse le miroir de sa chambre pour atterrir dans l’atelier du sorcier Yen Sid. Il y découvre une maquette d’un parc d’attractions alternatif, qu’il vandalise allègrement avec de la peinture et du dissolvant avant de prendre la fuite, créant ainsi des monstres d’encre. Rattrapé par ses bêtises bien plus tard, il est aspiré dans ce Monde de la Désolation, un parc Disneyland tordu peuplé de personnages oubliés par le grand public.
C’est ici que l’univers brille vraiment. Le jeu rend un hommage profond aux premières heures de la Walt Disney Company. On y croise Horace, Clarabelle, et surtout Oswald le Lapin Chanceux. Ce dernier, véritable star déchue, nourrit une jalousie palpable envers Mickey qui lui a volé la vedette dans le monde réel. Les niveaux s’inspirent directement des attractions phares comme le Manoir Hanté ou It’s a Small World. Le ton est plus audacieux, les environnements plus oppressants, même si cela reste évidemment grand public.
Gameplay et Mécaniques : choisir entre créer et détruire
Au cœur de l’expérience, Epic Mickey reste un jeu de plateforme 3D très classique. On saute, on explore et on collecte une quantité astronomique d’objets. Ce qui le démarque, c’est l’utilisation du pinceau magique. Avec la gâchette droite, on projette de la peinture pour réparer des éléments du décor ou amadouer des ennemis. Avec la gauche, on utilise du dissolvant pour effacer des obstacles ou terrasser les adversaires.
Cette mécanique duale s’accompagne d’un système de moralité assez malin pour un jeu de ce calibre. Face aux boss, vous avez le choix : utiliser le dissolvant pour les effacer de la surface du jeu, ou utiliser la peinture pour les « réparer » et en faire des alliés. Ces choix influencent certaines quêtes annexes et la manière dont les habitants interagissent avec vous. Entre chaque grande zone, le jeu impose également de courtes phases de plateforme 2D inspirées des vieux courts-métrages comme Steamboat Willie. Ces séquences sont très simples, mais elles ajoutent un charme fou à la progression globale.
Technique : un portage Switch 2 qui fait plaisir à voir
C’est souvent la question qui fâche avec les remasters, mais ce portage Switch 2 est un véritable soulagement. Le jeu tourne à un 60 images par seconde constant, avec des textures nettes et des temps de chargement minimes. On sent que la machine a de la marge, offrant une fidélité visuelle qui n’a pas à rougir face aux consoles de salon concurrentes. Bien qu’un flou de mouvement soit assez prononcé lors des animations rapides de Mickey, l’action reste toujours lisible, que l’on joue sur l’écran de la console ou sur un téléviseur.
Là où les développeurs ont voulu innover, c’est dans les contrôles. L’épisode Wii reposait sur le pointeur pour viser. Sur Switch 2, vous avez l’embarras du choix : la visée gyroscopique est activée par défaut, et il est même possible d’utiliser la fonctionnalité pointeur des nouveaux Joy-Con. Dans les faits, cela ressemble plus à un gadget technique. On a rapidement préféré repasser sur une maniabilité classique à deux joysticks, qui s’avère extrêmement précise et réactive.
Durée de vie et Contenu : l’aventure tranquille
Disney Epic Mickey: Rebrushed n’a pas la prétention d’être le jeu de plateforme le plus complexe ou le plus punitif du marché. Le niveau de difficulté est très permissif, rendant l’aventure accessible aux plus jeunes comme aux joueurs cherchant une expérience détendue.
Le bémol principal vient du traitement sonore. Si les musiques collent parfaitement à cette ambiance un peu décalée, on regrette amèrement l’absence de doublage lors des scènes cinématiques, ce qui casse un peu l’immersion narrative. Comptez une quinzaine d’heures pour voir le bout de l’histoire, avec une rejouabilité intéressante si vous souhaitez expérimenter la voie opposée (peinture vs dissolvant) face aux boss.
Verdict final
On aime
– L’univers Disney plus sombre et truffé de références historiques
– Le framerate à 60fps constant sur Switch 2
– La mécanique du pinceau et les choix de moralité face aux boss
– Les petites phases de transition en 2D superbes
– Les contrôles au joystick très réactifs
On aime moins
– L’absence totale de voix lors des cinématiques
– Un jeu qui reste très (trop) facile
– Le motion blur parfois un peu trop présent
– La visée façon pointeur Joy-Con, assez gadget


