Je ne me souviens pas de la dernière fois où j’ai attendu un DLC avec autant d’impatience. Plus d’un an après la fin en cliffhanger de The Alters ce jeu fascinant sur des clones bloqués sur une planète hostile, l’annonce de Last Variable a immédiatement ravivé ma curiosité. Le Jan scientifique d’origine avait choisi de rester pour percer les secrets temporels d’une mystérieuse oasis. Ce DLC s’ouvre sur un postulat génial et inattendu : la mort de ce vieux Jan, qui utilise ses derniers instants pour créer un clone plus jeune chargé de poursuivre son œuvre. Me voilà replongé dans ce simulateur de colonie de clones, prêt à démêler le vrai du faux dans les recherches de mon défunt moi.
The Alters: Last Variable bouscule brillamment la routine de survie établie par le jeu de base. Au lieu de fuir perpétuellement un soleil destructeur à bord d’une base mobile, ce DLC sur PC vous cloître dans un complexe de recherche souterrain. La boucle de gameplay principale reste familière collecter des ressources, développer vos technologies et gérer vos clones, mais elle s’accompagne désormais d’une contrainte temporelle inversée. Vous devez impérativement sécuriser vos ressources, améliorer votre équipement et plonger vos équipes en cryo-sommeil avant que le soleil ne se lève pour un cycle destructeur de treize ans. Tout ce qui n’est pas à l’abri dans la base ou au cœur de la fameuse Oasis sera irrémédiablement détruit par la chaleur.
Un gameplay ingénieux qui lorgne vers le Metroidvania
Le gameplay de The Alters: Last Variable opère une mutation fascinante après quelques heures de jeu. En explorant les propriétés de l’Oasis, une zone miraculeusement épargnée par le soleil destructeur, le titre se alors transforme doucement en un véritable Metroidvania de science-fiction. Pour étendre vos zones de terraformation, optimiser vos flux de ressources et débloquer de nouveaux passages, vous devez donc constamment améliorer votre combinaison et acquérir de nouvelles capacités de recherche. Ce va-et-vient volontaire et calculé sur la carte apporte ainsi un vent de fraîcheur incroyable à la formule d’origine, transformant la survie classique en un immense puzzle d’ingénierie et d’exploration palpitant.
La gestion des clones, de son côté, s’avère toujours aussi gratifiante sur le plan de l’organisation pure. Pour faire tourner vos stations de recherche extérieures à l’abri du soleil, vous devez prendre des décisions radicales, comme condamner l’un de vos Alters à vivre dans la solitude absolue d’un bunker de surface pendant treize longues années. S’il vous prend l’envie de retrouver la version originale de votre compagnon exilé, la machine de clonage vous permet de recréer une copie conforme de ce dernier. Ce clone de clone de clone se réveillera, lira son manuel d’orientation et se mettra immédiatement au travail sans jamais chercher à comprendre où se trouve sa version vieillissante sur la planète.
Pas de tension psychologique…
Cependant, cette indifférence souligne la principale faiblesse de ce DLC : son absence totale de tension psychologique et narrative à mi-parcours. Contrairement au jeu de base qui brillait par ses conflits existentiels et ses dilemmes moraux déchirants, les différents Jan scientifiques de Last Variable acceptent leur condition de clones avec un détachement émotionnel déconcertant. Le fait de condamner un double à treize ans d’isolement ne provoque aucune dispute ni aucun dialogue dramatique. Vers la dixième heure de jeu, l’histoire s’essouffle cruellement et les choix moraux perdent tout leur poids, débouchant sur un rebondissement final de science-fiction assez convenu, superficiel et brusque.

Une direction artistique spatiale toujours aussi soignée
Sur le plan technique et graphique, le titre continue d’impressionner par sa direction artistique singulière et son atmosphère étouffante. Les environnements désertiques de cette planète extraterrestre bénéficient d’un excellent rendu visuel sur PC, mettant en valeur le contraste saisissant entre la désolation stérile des terres brûlées et la sérénité lumineuse de l’Oasis. Les jeux de lumière lors des phases de lever de soleil et l’architecture industrielle du complexe souterrain renforcent constamment l’ambiance hard-science-fiction du titre. L’optimisation est irréprochable et l’interface utilisateur s’adapte parfaitement aux nouvelles mécaniques de terraformation.

Une ambiance sonore minimaliste et immersive
L’ambiance sonore de The Alters: Last Variable joue la carte de l’épuration et du silence spatial pour mieux souligner l’isolement de vos personnages. Les bruits mécaniques de la base souterraine, les bourdonnements technologiques de la machine de clonage et le sifflement du vent stérile à la surface contribuent à créer une atmosphère pesante et mystérieuse. Les voix des différents Alters, bien que moins sollicitées pour des disputes que dans le jeu de base, restent d’une grande justesse. La bande-son sait se faire discrète, n’intervenant que pour souligner la tension dramatique des fins de cycles ou la satisfaction d’une terraformation réussie.

Le scénario – Une quête de vérité qui manque de punch
L’histoire de ce DLC s’ouvre sur une idée narrative brillante mais peine malheureusement à tenir la distance. Si la perspective de décortiquer les travaux erronés de votre précédent double offre une entrée en matière captivante, le récit finit par s’éparpiller. Les relations interpersonnelles entre les différents clones, qui constituaient le cœur battant du premier opus, sont ici quasi inexistantes. L’intrigue s’oriente vers un dénouement hâtif qui semble taillé pour justifier un mode Nouvelle Partie Plus (New Game+) plutôt que pour offrir une conclusion satisfaisante et mémorable aux mystères de cette planète temporelle.

Ma conclusion
Pour conclure, The Alters: Last Variable est un DLC d’une grande générosité qui ravira sans peine les amateurs de gestion et de science-fiction exigeante. En transformant sa boucle de survie en une exploration méthodique proche du Metroidvania, le titre propose une expérience de jeu rafraîchissante et extrêmement addictive. On regrette simplement que l’écriture n’ait pas bénéficié du même soin que le gameplay, délaissant la richesse psychologique de ses clones pour une intrigue un peu plate. Le voyage reste néanmoins hautement recommandable, à condition de l’apprécier comme une expérience de réflexion indépendante plutôt que comme la suite directe de la charge émotionnelle du jeu de base.
Résumé
Les + :
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Gameplay
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Structure
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Exploration
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Ambiance
Les – :
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Narration
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Clones
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Rebondissement
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Fin



