En parcourant les premières heures de The Relic: The First Guardian, un constat s’impose rapidement et ne vous quitte plus tout au long de l’aventure : le titre développé par le studio Project Cloud Games déborde d’une générosité rafraîchissante et de bonnes intentions, mais il reste malheureusement prisonnier d’une réalisation technique qui ne parvient jamais à se hisser à la hauteur de ses immenses ambitions. Si ses premiers pas empruntent volontairement les codes esthétiques et structurels du Soulslike, avec son univers de dark fantasy ténébreux, ses stèles de repos faisant office de feux de camp et son système de combat axé sur le timing, le jeu prend bien vite un virage singulier vers l’Action-RPG traditionnel. Porté par une exploration organique, une progression d’équipement atypique et un monde sauvage captivant à dompter, le titre séduit par ses idées originales. Hélas, cet élan est régulièrement freiné par un manque flagrant d’optimisation et des imperfections de finition particulièrement frustrantes.
Dans The Relic: The First Guardian, vous êtes projeté sans ménagement au cœur d’Arsilthus, un monde en déclin totalement dévasté par des forces obscures. Après une introduction déroutante et cryptique à souhait où l’écran s’éclaire progressivement, vous entendez la voix d’une femme mystérieuse nommée Elisa qui vous extrait des décombres d’une cavité rocheuse. Elle vous apprend alors que vous incarniez le Premier Gardien, une entité légendaire qu’elle ne pensait jamais pouvoir ramener à la vie. Sans le moindre indicateur de quête encombrant sur l’interface ni mise en contexte lourde, vous êtes immédiatement lâché sur un premier sentier forestier pour découvrir librement le monde environnant. La trame narrative, bien que classique dans ses fondations, gagne progressivement en intérêt au fil des heures. Elle s’articule autour de la Grande Relique, un artefact divin autrefois garant de l’équilibre de la terre, dont la brisure a laissé le Néant s’infiltrer et corrompre les êtres vivants. Ces derniers, rendus fous par le pouvoir des fragments, se sont progressivement métamorphosés en « Brutaux », de monstrueuses créatures sanguinaires qu’il vous incombera de traquer pour purifier le royaume.
Un gameplay hybride entre la nervosité de l’Action-RPG et la rigueur du Soulslike
Le gameplay de The Relic: The First Guardian se détache très rapidement des règles strictes et souvent punitives du Soulslike pure souche pour offrir une formule bien plus dynamique, nerveuse et accessible dans son approche de la progression. La différence majeure réside dans le traitement de la mort : vous ne perdez absolument pas vos ressources ou votre expérience accumulée en échouant, et le fait d’activer une stèle de repos ne fait pas réapparaître les ennemis que vous veniez péniblement de nettoyer dans la zone.
De plus, la gestion de l’endurance subit un remaniement complet qui transforme le rythme des affrontements. Attaquer ne consomme pas la moindre goutte d’énergie, ce qui vous permet de vous jeter à corps perdu dans des assauts frénétiques et ininterrompus contre les groupes d’ennemis. L’endurance demeure néanmoins une jauge vitale et particulièrement exigeante qu’il convient de surveiller attentivement, car elle est entièrement dédiée aux manœuvres défensives telles que les esquives, le blocage, les parades parfaites et les dashs.
Un système de progression axé sur l’équipement et les compétences d’armes
Exit la montée en niveau traditionnelle basée sur le cumul de points d’expérience à distribuer dans des statistiques numériques exponentielles. La montée en puissance de votre avatar repose ici sur la recherche de points runiques disséminés dans le décor et sur l’amélioration continue de votre équipement chez les forgerons et marchands. Le jeu propose une personnalisation poussée au travers de six arbres de talents distincts, consacrés chacun à une catégorie d’arme spécifique ou à la magie. L’armure, constituée d’une pièce unique à dénicher ou à fabriquer, ainsi que le type d’arme manié modifient radicalement la prise en main et la physique des combats.
L’épée à une main accompagnée d’un bouclier se montre polyvalente, fluide et rapide, ce qui permet de maintenir un DPS très correct tout en conservant une excellente capacité de parade pour interrompre les assauts adverses. À l’inverse, la hache à deux mains se révèle incroyablement dévastatrice sur chaque impact, mais elle impose en contrepartie une lourde inertie dans ses mouvements qui exige de bien anticiper les déplacements ennemis sous peine de frapper dans le vide. De leur côté, le bâton de combat, les poignards et l’épée longue apportent leurs propres combos, leur portée spécifique et leurs compétences actives dédiées qui renouvellent complètement l’approche tactique.
Cependant, ce système de combat dynamique se heurte à une rigidité parfois agaçante. Les compétences spéciales et les attaques d’étourdissement déclenchent de très longues animations spectaculaires mais totalement impossibles à annuler ou à interrompre. Contre les ennemis de base, le risque reste modéré, mais face aux élites et aux boss, le moindre coup spécial mal temporisé vous verrouille sur place et vous laisse à la merci d’un enchaînement dévastateur sans aucune possibilité de vous défendre.

Une exploration gratifiante et une construction de monde exemplaire
L’exploration constitue sans l’ombre d’un doute la réussite la plus éclatante et la plus satisfaisante de The Relic: The First Guardian. Une fois passé le long tutoriel géant du début qui pouvait laisser craindre une aventure trop dirigiste, le monde s’ouvre de manière spectaculaire et propose des cartes vastes, vertigineuses et interconnectées sans jamais tomber dans le piège de l’open-world vide et artificiel.
La construction des zones brille par une cohérence architecturale et géographique impressionnante : il est fréquent d’explorer un village en ruine débouche sur une sombre crypte, laquelle s’enfonce dans d’anciens souterrains pour finalement vous faire ressurgir au pied d’une immense tour aperçue à l’horizon des heures plus tôt. Se détourner du marqueur d’objectif principal pour explorer la moindre colline ou la moindre grotte n’est jamais une perte de temps, car le jeu récompense constamment la curiosité avec des armures uniques, des reliques de talents, des composants rares ou des bourses d’or.
Cette philosophie d’exploration est renforcée par la présence de nombreux PNJ en détresse et par l’impact direct de vos actions sur l’environnement. Contrairement à beaucoup d’Action-RPG où les quêtes secondaires s’apparentent à du remplissage, secourir un camp de survivants ou éliminer une menace locale débloque des marchands précieux et transforme le monde sous vos yeux. Mettre à terre un boss régional majeur a un effet visuel immédiat : le ciel orageux et pesant se dégage instantanément pour laisser passer une lumière étincelante, le brouillard de corruption s’estompe et l’atmosphère de la région devient apaisée. Ce souci du détail apporte une gratification immense au joueur, qui a le sentiment réel de purifier Arsilthus au fil de ses victoires.

Une réalisation artistique séduisante mise à mal par de lourds soucis techniques
Sur le plan purement visuel et esthétique, The Relic: The First Guardian parvient régulièrement à flatter la rétine grâce à l’utilisation du moteur Unreal Engine 5. La direction artistique de dark fantasy est soignée, les décors regorgent d’éléments narratifs visuels et les jeux d’éclairage créent des panoramas saisissants, notamment lors des ouvertures sur les ruines antiques. Malheureusement, le tableau est assombri par une réalisation technique et une optimisation clairement bancales qui ruinent trop souvent le plaisir de jeu. Dès que l’on pénètre dans des lieux surchargés d’effets visuels comme des villages dévastés par les flammes, des grottes illuminées par des dizaines de torches ou des zones frappées par la tempête, le compteur de fluides s’effondre littéralement, faisant chuter le jeu sous la barre instable des 30 fps, y compris sur des consoles récentes comme la PS5 Pro.
Ces lacunes techniques deviennent particulièrement problématiques et frustrantes lors des combats contre les boss optionnels ou majeurs. L’affrontement contre des créatures imposantes comme Ernan, le Seigneur Affamé, illustre parfaitement ce piège : la superposition de nuages de malédiction violets, la taille gigantesque du boss et la profusion de sorts magiques saturent l’écran au point de rendre l’action totalement illisible. Pour ne rien arranger, la caméra s’emballe régulièrement contre les éléments du décor, bloquant parfois le personnage dans des géométries de terrain, tandis que des hitboxes douteuses viennent punir le joueur injustement. Dans un titre où la précision de l’esquive et le timing de la parade sont indispensables à la survie, ces défaillances techniques transforment des duels supposés épiques en véritables moments de frustration.

Une ambiance sonore et narrative immersive
L’enrobage sonore de The Relic: The First Guardian réalise un travail remarquable pour soutenir l’atmosphère mélancolique et mystérieuse du monde d’Arsilthus. En phase d’exploration, la musique sait se faire discrète pour laisser place aux bruits environnants, le grincement des structures en bois, le souffle du vent dans les ruines et les murmures de la corruption, renforçant le sentiment d’isolation du Gardien. Lorsque les affrontements majeurs se déclenchent, les compositions orchestraux prennent le relais avec des thèmes puissants et épiques qui rythment parfaitement la tension des duels contre les Brutaux. Le doublage et les journaux audio disséminés dans le monde apportent également un supplément de vie et d’immersion très appréciable.

Le scénario – Une quête de purification cohérente
Si le postulat de départ peut sembler familier pour les amateurs du genre, l’intrigue narrative parvient à maintenir un cap solide tout au long de l’aventure. La quête des fragments de la Grande Relique offre une justification scénaristique parfaite à la découverte méthodique de chaque région de la carte. Au fur et à mesure que l’on assemble les pièces du puzzle narratif et que l’on comprend les origines de la chute d’Arsilthus, le lore gagne en profondeur. La présence des figures comme Elisa et la détresse des habitants apportent un enjeu humain touchant, évitant au récit de tomber dans une simple succession de combats décousus.
Ma conclusion
En conclusion, The Relic: The First Guardian laisse un sentiment profondément doux-amer. Derrière ses imperfections techniques manifestes, son aliasing visible et la rigidité de ses animations contre les boss, se cache un RPG d’une grande sincérité, doté d’une véritable personnalité et d’un système d’exploration d’une générosité exemplaire. Project Cloud Games prouve qu’il a d’excellentes idées en matière de construction de monde et de progression. Si de futurs patchs parviennent à stabiliser le framerate et à assouplir la caméra, le titre pourra enfin exprimer tout son potentiel. En l’état, il reste une aventure très attachante et recommandable aux passionnés d’Action-RPG, à condition d’être prêt à passer outre ses défauts d’optimisation.
Résumé
Les +
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Exploration
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Progression
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Univers
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Equipement
Les –
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Optimisation
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Caméra
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Rigidité
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Lisibilité



