Depuis Skyrim et Kingdom Come, j’adore les RPG à la première personne en mode médiéval-fantastique. Alors quand j’ai vu la direction artistique de Fatekeeper, j’ai tout de suite voulu y croire. Visuellement, c’est une claque. Mais manette en main, c’est une autre histoire : les combats sont d’une lourdeur frustrante et le système de progression est aussi rigide qu’incompréhensible. C’est le propre d’un accès anticipé, mais le chantier reste immense pour le studio Paraglacial.
Fatekeeper débarque en Early Access avec une proposition qui ravira les amateurs de dark fantasy sombre et viscérale. Le scénario vous jette dans le grand bain sans fioritures : après un massacre sanglant sur une île mystérieuse, vous faites route vers le refuge de Haven, guidé par un esprit plutôt insolite… un rat qui parle. Pour vous préparer aux dangers du monde extérieur et franchir la « Porte de la Lune », vous devez traverser un portail antique pour vous entraîner, une expérience physiquement déchirante. On se demande franchement pourquoi le jeu ne nous laisse pas simplement taper sur de bons vieux mannequins en bois, mais qu’importe : l’aventure vous mène rapidement vers les ruines de Mar Guran pour y affronter les Vrog, une race d’hommes-lézards belliqueux.
Le gameplay en détail – Entre rigidité frustrante et éclairs de génie tactique
Malgré des similitudes de caméra avec The Elder Scrolls, ne vous y trompez pas : le gameplay de Fatekeeper abandonne totalement le concept de monde ouvert pour proposer une aventure d’action linéaire à la première personne. Vous êtes guidé le long d’un couloir fixe, du moins durant la première heure, avant que les zones ne s’ouvrent légèrement pour intégrer un peu de verticalité, des énigmes à leviers et des phases de plateforme.
Le cœur du jeu repose sur des combats méthodiques et lourds. Malheureusement, la jouabilité manque cruellement de souplesse, les transitions entre les esquives, les sprints et les attaques légères s’avèrent très rigides. Si le système permet de parer et de placer des contre-attaques parfaites, le timing s’avère si punitif qu’échouer face au premier boss signifie l’exécution immédiate. Face à des groupes d’ennemis, la jauge d’endurance vous oblige à adopter un style de jeu de type hit-and-run (frapper et fuir).
Heureusement, la magie apporte une vraie touche de fun, notamment la télékinésie ou les sorts de vent, qui permettent de projeter les Vrog directement dans le vide ou d’utiliser les éléments du décor comme des projectiles. En revanche, les sorts de feu et de glace manquent cruellement de puissance, et les archers ennemis, insensibles aux étourdissements magiques, infligent des dégâts disproportionnés qui brisent régulièrement le rythme des affrontements.

Les forces et les faiblesses de cet accès anticipé
Pour ce qui est des points positifs, le système d’alchimie est particulièrement gratifiant et original : les plantes et composants récoltés dans la nature possèdent des effets totalement différents selon qu’ils sont consommés bruts ou cuisinés dans un chaudron aux feux de camp. De plus, la narration environnementale est une franche réussite. Découvrir d’immenses statues antiques oubliées ou descendre dans des aqueducs macabres remplis de crânes en dit bien plus long sur l’univers que les dialogues parfois nébuleux de votre guide rat.
En revanche, le système de progression et l’arbre de compétences souffrent d’un énorme problème de conception. Lorsque vous passez un niveau grâce à l’XP accumulée, vous gagnez des points à répartir entre la magie, la santé, l’alchimie ou les dégâts de mêlée. Le problème ? Investir dans une branche bloque définitivement l’accès aux autres sans aucune explication de la part du jeu. Si vous choisissez d’augmenter vos dégâts physiques, impossible d’améliorer votre santé ou votre magie, vous condamnant à des bonus de vitesse d’attaque minimes au détriment de votre survie.
À cela s’ajoute un système de sauvegarde punitif. Si le jeu propose des sauvegardes automatiques lors des transitions de zones, mourir entre deux feux de camp vous renvoie très loin en arrière, vous obligeant à refaire de longues sessions de collecte de matériaux. L’intelligence artificielle montre elle aussi ses limites, certains monstres restant totalement figés sur place lorsque des cadavres s’accumulent à leurs pieds, incapables de contourner les obstacles.

Les graphismes – Une ambiance visuelle et une gestion de la lumière exceptionnelles
C’est indéniablement le gros point fort de ce titre développé par le petit studio indépendant Paraglacial. Visuellement, le moteur graphique fait des merveilles, l’utilisation de la lumière, les textures des structures en ruine et l’ambiance étouffante des souterrains confèrent une identité visuelle incroyable au jeu. L’immersion graphique est totale et donne constamment envie d’explorer pour le simple plaisir des yeux.
Tout n’est cependant pas parfait côté technique. Le titre souffre d’un manque d’optimisation visible, caractérisé par des micro-saccades (stutters) régulières, même avec des technologies de mise à l’échelle comme le DLSS configuré sur « Équilibré » et des options graphiques réglées sur « Élevé ».

La bande son – Une atmosphère de dark fantasy immersive
L’ambiance sonore soutient à merveille la direction artistique ténébreuse du jeu. Le bruit des armes blanches qui s’entrechoquent et les grognements des Vrog dans l’obscurité des donjons accentuent la tension à chaque recoin de couloir. Si les narrations durant les écrans de chargement manquent un peu de saveur, les bruitages environnementaux et les échos dans les cavernes renforcent brillamment le sentiment d’isolement du joueur.

Conclusion – Un diamant brut à tailler avec patience
Pour conclure, Fatekeeper dispose d’un potentiel indéniable et d’une superbe enveloppe visuelle, mais ses mécaniques de combat rigides et son système d’évolution restrictif gâchent une partie du plaisir de jeu pour le moment. Proposé à un prix d’entrée très attractif de 10 $ (avec une réduction supplémentaire pour son lancement), la prise de risque financière est minime et les développeurs se montrent très à l’écoute des retours de la communauté pour façonner la suite du développement. Si vous cherchez un dungeon crawler exigeant et immersif, le titre vaut le coup d’œil, mais il est sans doute plus sage d’attendre quelques mises à jour majeures avant de vous lancer pleinement dans l’aventure.
Résumé
Les +
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Graphismes
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Alchimie
-
Atmosphère
-
Prix
Les –
-
Rigidité
-
Progression
-
Optimisation



