Mon aventure m’a opposé à un boss acharné armé d’une gigantesque roue en bois. Pendant près de deux heures, chaque tentative s’est soldée par un écrasement brutal et un retour à la case départ. Pourtant, dans un Soulslike, ce sentiment d’impuissance avant la victoire reste une sensation inégalable. Tout a basculé lorsque j’ai débloqué une pierre de goudron spécifique : en combinant ma résilience avec une attaque aérienne dévastatrice, mon personnage s’est mis à fondre sur l’ennemi en infligeant des dégâts de zone colossaux, tout en devenant totalement invulnérable dans les airs. En observant ce boss autrefois redoutable se faire étourdir sans pouvoir riposter, une certitude s’est imposée : Mortal Shell 2 est une suite incroyablement généreuse, nerveuse et inventive, capable d’offrir des sensations de puissance pures tout en renouvelant brillamment la formule établie par FromSoftware.
Développé par le studio Cold Symmetry, Mortal Shell 2 s’impose comme une suite supérieure en tout point à son aîné. Le titre nous replonge dans la peau d’un être anthropomorphe décharné capable de prendre possession de cadavres d’élite, les fameuses « enveloppes mortelles » pour s’approprier leurs compétences combatifs et leurs souvenirs. Abandonnant la lourdeur extrême qui caractérisait le premier opus, cet épisode embrasse une philosophie de jeu beaucoup plus dynamique, soutenue par une direction artistique sombre et une écriture teintée d’humour noir surprenant. Entre combats incisifs, exploration gratifiante et esthétique soignée, le jeu coche toutes les cases du parfait Elden Ring-like tout en traçant sa propre voie.
Scénario et univers – Une narration surréaliste et teintée d’humour noir
L’univers de Mortal Shell 2 se distingue immédiatement par son ton singulier, mêlant fantasy sombre, surréalisme et satire piquante. L’intrigue démarre par un hommage appuyé au film Midsommar d’Ari Aster, avant de plonger le joueur dans un monde loufoque où les livres d’une bibliothèque se jettent sur vous et où certains boss altèrent directement les commandes de votre manette. Ainsi, en débloquant et en améliorant chaque enveloppe mortelle, le joueur accède à des souvenirs jouables sous forme de micro-drames surréalistes. L’un d’eux vous emmène notamment à affronter une bouteille géante symbolisant l’alcoolisme. Cette approche narrative originale apporte donc une fraîcheur bienvenue au sein d’un genre souvent très solennel.

Gameplay de Mortal Shell 2 – Une vitesse décuplée et un système de résolution dynamique
La plus grande révolution de Mortal Shell 2 réside dans l’abandon pur et simple de la jauge d’endurance traditionnelle. En effet, les déplacements autrefois lents comme du mélasse cèdent la place à des esquives fluides, des attaques enchaînées et une course illimitée. Désormais, pour équilibrer cette mobilité, le jeu s’appuie sur une jauge de « Résolution » qui se remplit au rythme de vos coups portés au corps à corps. Cette ressource permet d’activer des compétences spéciales dévastatrices ou d’enchanter vos armes principales et votre arme à feu secondaire avec des effets élémentaires (empoisonnement, décharges électriques).
Les enveloppes mortelles et la progression à la Hades
L’exploration du monde ouvert est portée par la recherche des différentes enveloppes mortelles cachées dans la carte :
Chaque enveloppe propose un style de jeu unique et un arbre de compétences dédié. L’une d’elles favorise l’infiltration pour traverser les zones dangereuses, une autre encaisse les dégâts des hordes ennemies, tandis qu’une troisième restaure sa santé en devorant des cœurs humains. La guerrière Proxima utilise par exemple un grappin électrifié qui attire les ennemis légers ou la projette vers les monstres imposing. Chaque utilisation de son grappin augmente définitivement son efficacité de 1 % contre le type d’adversaire ciblé, offrant une mécanique de progression permanente inspirée des roguelites idéal pour surmonter les pics de difficulté.
Cependant, cette grande variété de pouvoirs s’accompagne d’un déséquilibre de la courbe de difficulté en fin de partie. Certaines combinaisons d’attaques sautées et d’améliorations de zone rendent le joueur presque intouchable, permettant de balayer des boss majeurs sans effort. Pour compenser cela, un PNJ permet de plonger le monde dans la nuit noire afin de renforcer la puissance des monstres et d’obtenir de meilleures récompenses, bien que la navigation au bord des précipices devienne alors particulièrement frustrante.

Graphismes et caméra – Une mise en scène immersive à la God of War
Sur le plan visuel, le titre est une réussite plastique indéniable qui enchaîne les séquences en noir et blanc magnifiques. Cold Symmetry a fait le choix d’adopter une caméra très rapprochée du personnage, directement inspirée des derniers épisodes de la saga God of War. Ce choix renforce l’intensité dramatique de chaque affrontement et met en valeur la modélisation des monstres. Néanmoins, ce cadrage serré nécessite des indicateurs visuels rouges à l’écran pour signaler les attaques hors champ, et la caméra a parfois tendance à s’emmêler dans les décors lorsque le joueur se retrouve coincé contre un mur.

Ambiance sonore et impacts – Une brutalité auditive au service de l’action
La bande-son accompagne parfaitement cette débauche d’action frénétique. Les bruits de chair déchirée, le fracas des lourd armures et les déflagrations des armes à feu apportent une réelle lourdeur à chaque impact. La spatialisation audio permet d’anticiper les attaques féroces des ennemis qui tentent régulièrement de vous submerger en groupe, renforçant la tension lors des traversées de zones hostiles.

Les rares limites – Une caméra parfois capricieuse et un équilibrage perfectible
Le jeu souffre principalement de deux défauts : d’une part, une gestion de la caméra qui panique dans les espaces clos ou près des murs, obligeant parfois à repasser sur un angle de vue plus éloigné dans les options. D’autre part, la générosité des compétences et des pierres de goudron peut totalement briser le challenge du titre, permettant de terrasser les boss les plus redoutables sans appliquer les stratagèmes habituels du genre.

Conclusion du test – Faut-il acheter Mortal Shell 2 ?
En conclusion, Mortal Shell 2 s’impose comme une suite brillante, dynamique et terriblement attrayante. En faisant le pari de la vitesse, en supprimant la gestion de l’endurance et en enrichissant son univers de concepts loufoques et gratifiants, Cold Symmetry signe l’un des meilleurs Soulslike du marché. Malgré quelques soucis de caméra et un équilibrage parfois trop généreux, le titre est une recommandation absolue pour tous les amateurs de dark fantasy et de combats viscéraux.
Résumé
Les +
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Dynamisme
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Enveloppes
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Graphismes
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Humour
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Progression
Les –
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Caméra
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Équilibrage
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Obscurité



