Alors que l’on aurait pu penser que la franchise chercherait à s’adoucir, le studio 4A Games a d’emblée annoncé que Metro 2039 serait l’épisode le plus sombre et le plus désespéré de la saga. Après avoir passé une trentaine de minutes dessus lors de la Gamescom 2026, le constat est saisissant : les premières minutes sous terre affichent une misère poignante et une obscurité suffocante. Puis, dès que l’on franchit le sas vers la surface, le contraste visuel avec les ruines dévastées de Moscou saisit le joueur à la gorge. Entre le stress de la jauge de rayonnement, la gestion méticuleuse des filtres à air et une traversée de cave à la vision nocturne au milieu de mutants endormis, la pression est constante. Aucun doute : la formule survie et infiltration s’annonce particulièrement immersive.
Développé par 4A Games, Metro 2039 se déroule six ans après les événements du premier opus et introduit un tout nouveau protagoniste simplement désigné sous le nom de « L’Étranger ». On y retrouve également Hunter, le personnage emblématique de la franchise, mais sous un jour radicalement différent : il dirige désormais le régime dictatorial du Novoreich, maintenant son emprise sur le métro moscovite par la terreur et la propagande. L’intrigue s’annonce particulièrement mature et géopolitique, mais cette première prise en main s’est avant tout focalisée sur l’exploration de la surface et la survie pure. Le titre semble moderniser ses systèmes tout en conservant cet ADN si particulier, où chaque balle compte et où l’environnement constitue un ennemi tout aussi redoutable que les créatures qui le peuplent.
Scénario et univers – Un Moscou dévasté et une dictature sous terre
Sur le plan narratif, Metro 2039 fait donc le pari d’étendre la mythologie de la franchise en observant le réseau souterrain sous un angle politique effrayant. La transition entre le quotidien misérable des habitants des tunnels et la barbarie du Novoreich pose des bases narratives particulièrement sombres. Mais c’est une fois projeté à la surface que le titre dévoile toute sa puissance évocatrice : le Moscou post-apocalyptique brille par des jeux de lumière organiques magnifiques et une direction artistique saisissante. Les ruines d’anciens immeubles, les zones hautement radioactives et les rivières contaminées rappellent sans cesse au joueur qu’il n’est qu’un intrus dans un monde mort. La gestion du masque à gaz reste au cœur de l’expérience, obligeant à surveiller continuellement l’état de ses filtres sous peine d’une asphyxie rapide.

Gameplay de Metro 2039 – Infiltration sous tension et gunfights tactiques
Le gameplay de Metro 2039 affine la recette qui a fait le succès de la série en y apportant une réelle profondeur tactique. L’arsenal conserve son aspect artisanal et militarisé très caractéristique (fusils à pompe renforcés, pistolets lourds, fusils de précision de fortune) avec un système de personnalisation poussé des armes. Lors des affrontements contre les bandits, l’intelligence artificielle impressionne par sa réactivité : loin d’attendre sagement à découvert, les ennemis utilisent le décor, communiquent et tentent activement de vous contourner dès que vous restez trop longtemps à la même position. La rareté des munitions impose une approche réfléchie, où foncer dans le tas garantit une mort rapide.

L’exploration à haut risque et la séquence des mutants dans le noir
L’exploration des bâtiments abandonnés offre une liberté d’approche bienvenue mais toujours empreinte d’une grande prudence :
S’aventurer hors du chemin principal permet de mettre la main sur des ressources vitales ou sur de meilleures armes, comme un fusil à pompe amélioré dénichable dans une annexe. Cependant, chaque porte ouverte peut virer au cauchemar. Lors d’une séquence particulièrement marquante de la démo, la progression imposait de traverser le sous-sol obscur d’un immeuble infesté de mutants. Privé d’éclairage direct sous peine de vous faire repérer, vous devez utiliser la lunette de vision nocturne pour vous faufiler à quelques centimètres de créatures terrifiantes. L’atmosphère sonore suffocante et la tension psychologique qui découle de cette infiltration dans le noir absolu représentent un sommet de tension horrifique.
Le bestiaire de la surface s’enrichit également de nouvelles abominations mutantes, allant de rongeurs géants à des insectes monstrueux grouillant dans les décombres. La diversité des menaces rend la progression imprévisible et gratifiante pour les joueurs calculateurs.

Graphismes et technique – Le moteur maison de 4A Games fait des merveilles
Sur le plan visuel, la démo présentée à la Gamescom 2026 témoigne d’une maîtrise technique irréprochable. Le passage des tunnels étroits et poisseux à la grandeur désolée de la surface offre une claque visuelle mémorable. La gestion de la météo, la fumée volumétrique et les effets de diffraction de la lumière à travers la visière du masque à gaz renforcent considérablement l’immersion. Le travail sur les textures de la végétation mutante et les débris d’architecture industrielle confère une crédibilité folle à cette vision de Moscou.

Ambiance sonore et spatialisation – L’angoisse au bout du filtre
Le travail sur le sound design s’avère remarquable à tous les niveaux. Le souffle lourd du protagoniste à travers le filtre de son masque, le cliquetis du compteur Geiger qui s’affole à l’approche d’une zone contaminée et les bruits de pas furtifs des mutants dans la pénombre instaurent un climat de paranoïa constante. La spatialisation sonore s’avère indispensable pour repérer un ennemi cherchant à vous prendre à revers lors d’une fusillade ou pour anticiper le déplacement d’une créature tapis dans l’ombre.

Les rares limites – Une formule très fidèle qui ne surprendra pas les habitués
La principale réserve formulée lors de cet aperçu concerne le manque relatif de prise de risque mécanique globale. Si le titre peaufine à l’extrême ses systèmes de jeu, la boucle d’extermination, de récolte de ressources et de gestion de masque reste extrêmement proche de ce que proposaient les précédents volets. Il faudra vérifier sur la version finale si la narration et l’extension du réseau de métropolitain apportent suffisamment de nouveautés sur la durée.
Conclusion de la preview – Que penser de cette première prise en main de Metro 2039 ?
En conclusion, ces trente minutes passées sur la démo de Metro 2039 laissent entrevoir le savoir-faire solide du studio 4A Games en matière de FPS tactique et immersif. Visuellement très réussi, offrant des sensations de tir satisfaisantes et une vraie tension lors des phases d’infiltration, ce premier contact s’avère indéniablement encourageant. Il convient toutefois de rester prudent : une courte session ne permet pas encore de juger de la qualité globale de la trame narrative ni du renouvellement du gameplay sur l’ensemble de l’aventure. Mais si le reste du jeu maintient ce niveau de finition et d’intensité, les amateurs de survival horror auront de bonnes raisons de s’y intéresser lors de sa sortie.


