Resonance A Plague Tale Legacy était-il un titre caprice ? Après deux épisodes acclamés par la critique, Asobo Studio s’offre une parenthèse inattendue. Exit la France médiévale ravagée par la peste noire et la fuite désespérée d’Amicia et Hugo. Avec Resonance: A Plague Tale Legacy, le studio bordelais nous propulse en 1333, soit quinze ans avant les événements de Requiem. Direction la mer Égée et les rivages baignés de soleil de la Crète antique, dans les bottes d’une Sophia bien plus jeune, pillarde aguerrie en quête du mythique trésor du Roi Minos.

Sophia explorant les ruines antiques de Crète dans Resonance A Plague Tale Legacy

Une question légitime se posait : peut-on apprécier cette aventure sans avoir touché aux deux premiers volets ? Après 17 heures et 34 minutes passées à écumer l’île manette en main, la réponse est un grand oui. Resonance s’émancipe de ses aînés, troque l’infiltration étouffante pour un format action-aventure teinté de réflexion, et offre une porte d’entrée idéale aux néophytes. Voici notre verdict complet et sans filtre sur cette nouvelle proposition.

Une intrigue en trois actes entre mythes antiques et lourdeurs d’écriture

Loin de l’ambiance poisseuse et suffocante des débuts, l’aventure prend rapidement la forme d’une fresque d’aventure archéologique. Le récit s’articule autour d’une structure claire en trois actes distincts que nous vous laissons le plaisir de découvrir manette en main, reliant habilement les visions de Sophia et le mythe du Minotaure aux racines mystiques de la Macula.

L’écriture globale reste soignée et l’ensemble se suit avec un réel plaisir sur sa quinzaine d’heures de durée de vie. Toutefois, le titre n’échappe pas à certains écueils narratifs modernes. Le jeu semble parfois vouloir cocher un cahier des charges artificiel : une surcouche de Girl Power surappuyée dont le personnage n’avait absolument pas besoin pour exister. Sophia est naturellement forte et débrouillarde, nul besoin de forcer le trait à chaque ligne de dialogue pour tenter de le prouver. De la même façon, la caractérisation d’Irène en grande figure d’autorité omnipotente ou l’ambiguïté romantique inutilement esquissée entre Sophia et son acolyte Leni viennent alourdir un scénario qui se suffisait amplement à lui-même.

Entre Uncharted et Tomb Raider : La reine des énigmes, le piège du level design

C’est sur le terrain du gameplay que Resonance A Plague Tale Legacy surprend le plus. Le jeu réduit drastiquement les phases d’infiltration dans les hautes herbes pour lorgner ouvertement du côté d’Uncharted et des récents Tomb Raider. Le tout distille une atmosphère d’exploration méditerranéenne qui rappelle instantanément les grandes heures d’un Assassin’s Creed Odyssey. Cette parenté n’a rien d’un hasard : entre les passerelles naturelles de talents dans l’industrie hexagonale et les inspirations esthétiques assumées par l’équipe artistique, le titre emprunte avec intelligence aux références majeures du genre.

Sophia court, escalade les parois rocheuses, franchit des gouffres avec son grappin et traverse des structures antiques qui s’effondrent sous ses pas. La véritable réussite du titre réside incontestablement dans ses énigmes environnementales.

Résolution d'une énigme de lumière avec le prisme minoen dans Resonance A Plague Tale Legacy

Les puzzles ne sont pas de simples verrous artificiels. Le jeu introduit une sphère minoenne servant de prisme pour manipuler les faisceaux lumineux, activer d’antiques mécanismes et déverrouiller des salles secrètes. Pour s’orienter, l’héroïne dégaine son carnet de notes rempli de croquis, de symboles et d’indices historiques. Les méninges sont sollicitées avec justesse, sans frustration.

En revanche, carton jaune sur la structure des niveaux. Bien qu’il s’agisse d’un jeu couloir assumé, le titre donne trop souvent l’illusion d’une fausse ouverture. Résultat : on se retrouve à mourir bêtement une bonne vingtaine de fois non pas par manque de compétence, mais à cause d’un level design piégeux, de faux chemins trompeurs ou de zones de chute mal balisées.

Un système de combat qui manque encore de coffre

Pour accompagner ce virage vers l’action, Asobo Studio a revu sa copie martiale. Sophia ne se contente plus d’une simple fronde : elle dégaine l’épée, la dague, pare les assauts, brise la posture ennemie et peut projeter des éléments du décor sur ses adversaires. Son grappin apporte également un brin de tactique en permettant de faire trébucher un garde à distance ou de l’attirer au corps-à-corps pour ouvrir sa garde.

Sur le papier, l’initiative est louable. Manette en main, le constat s’avère plus mitigé :

  • Une boucle trop élémentaire : Esquive, parade au bon timing, frappe lourde chargée, puis coup de grâce (finisher).
  • Une intelligence artificielle en retrait : Les ennemis peinent à contourner ou à surprendre le joueur.
  • Un manque d’outils tactiques : L’absence de gadgets variés rend les affrontements répétitifs passées les premières heures.
Affrontement au corps-à-corps dans Resonance A Plague Tale Legacy

La progression suit cette même simplicité. Les points de résonance permettent de débloquer un arbre de compétences réduit à six améliorations majeures, complété par huit armes et une série de charmes passifs aux effets anecdotiques (légère hausse des coups critiques, protection contre un coup fatal).

Direction artistique somptueuse et couacs techniques sur PS5 Pro

Visuellement, le studio bordelais confirme son savoir-faire sur le segment du Double A premium. Les panoramas côtiers et la finesse des mosaïques minoennes offrent un dépaysement total, sublimé par la bande-son magistrale signée Olivier Derivière.

Le tableau technique n’est pourtant pas irréprochable. Testé sur PS5 Pro, le jeu ne tire pas pleinement parti de la puissance de la machine, se contentant d’un apport timide du PSSR (PlayStation Spectral Super Resolution). Plus gênant encore :

  • Des effets de flou de mouvement (motion blur) particulièrement agressifs et mal calibrés, provoquant une sensation de nausée sur certains passages.
  • Des chutes de framerate marquées lors des transitions entre les phases de jeu in-game et les séquences semi-cinématiques.
  • Des désynchronisations labiales en version française (qui doivent faire l’objet du patch de lancement du 27 août).

Verdict de Resonance A Plague Tale Legacy

Resonance A Plague Tale Legacy réussit sa mutation vers l’action-aventure archéologique grâce à une direction artistique splendide et des énigmes lumineuses remarquablement conçues. Sophia s’impose comme une héroïne convaincante, accessible à tous sans avoir joué aux précédents volets. On regrette néanmoins des combats trop simplistes, un level design en faux semblant responsable de morts inutiles, quelques lourdeurs d’écriture forcées et une optimisation technique perfectible sur PS5 Pro qui l’empêchent de viser les sommets.

Verdict LPDD

Gice

Resonance Plague Tale Legacy Test Avis Les Players Du Dimanche
Resonance A Plague Tale Legacy
Note Globale
78%

Conclusion

Resonance A Plague Tale Legacy réussit sa mutation vers l’action-aventure archéologique grâce à une direction artistique splendide et des énigmes lumineuses remarquablement conçues. Sophia s’impose comme une héroïne convaincante, accessible à tous sans avoir joué aux précédents volets. On regrette néanmoins des combats trop simplistes, un level design en faux semblant responsable de morts inutiles, quelques lourdeurs d’écriture forcées et une optimisation technique perfectible sur PS5 Pro qui l’empêchent de viser les sommets.

On aime :
Le cadre crétois antique somptueux et la direction artistique dépaysante
Des énigmes de lumière et de mécanismes captivantes
Sophia, une héroïne charismatique
La bande-son magistrale d’Olivier Derivière
Une aventure bien rythmée (17h) et dispo Day One dans le Game Pass

On aime moins :
Des combats répétitifs et une IA permissive
Un level design en couloir qui provoque des morts punitives stupides
Des effets de flou agressifs et des chutes de framerate dans les transitions
Une optimisation PS5 Pro trop timide
Quelques lourdeurs d’écriture et poncifs forcés

78%

Verdict LPDD : Résumé

Note : 7.7 / 10

Les +

  • Le cadre crétois antique somptueux et la direction artistique dépaysante

  • Des énigmes de lumière et de mécanismes captivantes avec le carnet d'indices

  • Sophia, une héroïne charismatique et immédiatement accessible aux néophytes

  • La bande-son magistrale d'Olivier Derivière

  • Une aventure bien rythmée sur ses 17 heures de jeu

  • Disponible Day One dans le Xbox Game Pass

  Les -

  • Des combats répétitifs et une IA ennemie très permissive

  • Un level design en couloir qui feint l'ouverture et provoque des morts punitives stupides

  • Des effets de flou agressifs et des chutes de framerate dans les transitions cinématiques

  • Une optimisation PS5 Pro trop timide (simple apport de PSSR)

  • Quelques lourdeurs d'écriture et poncifs forcés (ambiguïté romantique dispensable, surcouche de Girl Power)