Quand Nintendo a annoncé un spin-off Splatoon sans mode multijoueur compétitif, la réaction de la communauté a été… mitigée, disons. Les fans de Splatoon Raiders qu’on n’attendait pas de voir s’exprimer si vite. Parce qu’en fait, depuis le début, Nintendo n’avait pas besoin de faire un Splatoon 4, ils avaient juste besoin de ça.

Un looter-shooter encré jusqu’aux yeux, ancré dans l’univers qu’on adore, avec une profondeur de build qu’on n’avait pas vue venir. Surprise de l’été 2026. Et une des meilleures excuses pour allumer sa Switch 2 ce mois-ci.

Bienvenue sur l’archipel de Spirhalite

L’histoire démarre simplement : on incarne un mécano (Inkling ou Octoling personnalisable) qui se retrouve échoué sur l’archipel de Spirhalite après une mission qui tourne mal. Pour rembourser une dette contractée à Splatsville, oui, Splatoon a maintenant un système de dette, et ça fonctionne ! On doit partir chasser du trésor avec le trio Deep Cut : Pasquale, Raimi et Angie.

Si vous avez joué à Splatoon 3, vous connaissez déjà Deep Cut. Mais ici, le trio prend une tout autre dimension : ce ne sont plus simplement des présentatrices du Direct, elles deviennent de vrais compagnons de route avec leurs propres motivations, leurs répliques, leurs petites tensions internes. Le scénario reste accessible (on ne va pas mentir, ça n’est pas du Nier Automata), mais il a du charme, de l’humour et une énergie qu’on reconnaît immédiatement comme typiquement Nintendo.

Les environnements de Spirhalite, eux, surprennent. Les îles sont variées, jungle dense, ruines envahies de coraux, zones volcaniques, plaines inondées d’encre. La Switch 2 permet d’afficher des vagues d’ennemis bien plus denses qu’avant, et ça se ressent : les combats sont parfois du chaos organisé, et c’est exactement ce qu’on voulait.


Le Salmon Run en mode XXL

Voilà le cœur du projet. Splatoon Raiders, c’est essentiellement le mode Salmon Run de Splatoon 3 transformé en jeu complet, et Nintendo a eu l’intelligence de ne pas simplement multiplier par dix ce qui existait déjà.

Le jeu est structuré autour de missions sur les îles de Spirhalite. Trois grands types se distinguent :

  • Raids linéaires : on avance, on écrase, on récupère du loot. Court, efficace, idéal pour une session de 20 minutes.
  • Exploration sandbox : des zones ouvertes à fouiller, avec des secrets à débloquer et des hordes à décimer.
  • Arènes de boss : des affrontements contre des Salmonoïdes géants qui testent vraiment votre build et vos reflexes.

Les Salmonoïdes sont plus variés que jamais. Les gros boss de chaque île ont des patterns qu’il faut apprendre, des phases distinctes, et des accroches visuelles mémorables. On est loin du Steelhead ou du Flyfish qu’on connaît, ici, certains ennemis vous forceront à repenser complètement votre équipement entre deux tentatives.

La fluidité des déplacements, la nage dans l’encre, les esquives, la verticalité, est au niveau des jeux principaux. C’est une évidence, mais ça vaut la peine de le dire : Nintendo ne fait pas de compromis là-dessus. Si vous avez aimé bouger dans Splatoon 3, vous allez adorer bouger ici.


La personnalisation : le vrai argument de vente

C’est là que Splatoon Raiders se distingue vraiment de ses prédécesseurs, et c’est là qu’il va en surprendre plus d’un. Le système de personnalisation est le plus poussé de toute la franchise.

On parle de :

  • Armes : un arsenal « récupéré » esthétiquement différent des armes classiques Splatoon (plus bricolées, plus mécaniques), avec des stats modulables
  • Gadgets mécaniques : tourelles automatiques, mines d’encre, jetpacks ponctuels, câbles de grappin, à intégrer dans un emplacement limité par mission
  • Améliorations de tank : un système d’arbre de compétences qui agit sur la vitesse de nage, la résistance, la capacité d’encre
  • Équipement cosmétique : tenues de mécano customisables, avec quelques limitations (voir défauts)

La vraie force du système, c’est qu’il force l’expérimentation. Une configuration qui marche sur une île sablonneuse sera totalement inadaptée à une arène de boss aquatique. On optimise, on teste, on rate, on recommence, et c’est addictif. Les joueurs de Destiny ou de Monster Hunter reconnaîtront immédiatement cette boucle.

Pour les amateurs de Splatoon sur notre site, sachez que les armes classiques de la série sont bien présentes en fond (Splat-Roller, Chargeuse, Blaster) mais intégrées dans cette logique de personnalisation, elles ne sont plus des identités fixes mais des outils adaptables.


La coop jusqu’à 4 joueurs : le mode qu’on sous-estime

Splatoon Raiders peut se jouer à 4 en coop, en ligne ou en local. Et c’est là que le jeu révèle une autre facette complètement différente.

En solo, le jeu est rythmé et exigeant. En coop, c’est du chaos joyeux. Chaque joueur peut avoir un build différent, un qui se spécialise en tourelles statiques, un autre en mobilité pure, un troisième en zone de contrôle, et les combinaisons fonctionnent. Les raids en arène sont clairement conçus avec la coop en tête : des ennemis apparaissent depuis plusieurs côtés simultanément, et un seul joueur ne peut pas couvrir toutes les angles.

Le bot compagnon (le « Bot Buddy » qui vous accompagne en solo) est utile mais limité dans son évolution, c’est là que la coop devient objectivement la meilleure version du jeu.

Vous pouvez acheter le jeu directement sur le Nintendo eShop belge pour 49,99 €.


Les défauts qu’on ne va pas cacher

Parce que c’est ce qu’on fait ici.

La répétitivité. C’est le reproche numéro un. La boucle « faire une mission → récupérer du loot → revenir au camp → améliorer → recommencer » est efficace les premières heures, mais elle montre ses limites sur la durée. Les types de missions manquent de variété suffisante passé la vingtaine d’heures. On aurait aimé plus de surprises dans la structure des niveaux.

Les environnements en demi-teinte. Spirhalite est visuellement cohérente, mais certaines zones semblent un peu ternes pour un jeu Switch 2. Les arènes de boss sont très bien, mais les zones d’exploration sablonneuse ou forestière font parfois cheap. Ce n’est pas laid, c’est juste en dessous des attentes pour une nouvelle génération de console.

La personnalisation cosmétique en retrait. Le système d’upgrade des armes et gadgets est excellent. Mais les options de personnalisation visuelle du personnage (tenues, accessoires) sont en retrait par rapport à Splatoon 3. Pour un jeu où l’expression personnelle est un pilier de la série, c’est dommage.

Le prix. 49,99 € en dématérialisé, 59,99 € en boîte physique. Pour un spin-off à vocation solo avec une durée de vie honnête mais pas extravagante, le tarif est légèrement élevé. Ce n’est pas un argument rédhibitoire, mais ça mérite d’être dit.


Verdict

Splatoon Raiders est la preuve que Nintendo sait prendre des risques créatifs, et que ces risques paient. Personne n’attendait un looter-shooter Splatoon, et c’est exactement le genre de pari qu’il fallait faire pour rafraîchir une franchise qui commençait à tourner en rond.

Le gameplay est fluide et addictif, la personnalisation est la meilleure de toute la série, Deep Cut est enfin utilisé à sa juste valeur narrative, et la coop transforme le jeu en quelque chose de vraiment spécial.

Quelques bémols de répétitivité et un prix un peu costaud ne changent pas l’essentiel : Splatoon Raiders est un must-have sur Switch 2, surtout si vous avez des amis avec qui jouer.

Enfin, l’histoire principale vous prendra environ 20 heures. Avec le farming et la progression de build, comptez bien plus. Le 100% peut vite dépasser les 50 heures pour les plus acharnés.

8.5/10

Splash & Sun !

Les +

  • Gameplay TPS fluide et immédiatement satisfaisant
  • Système de personnalisation le plus abouti de la série
  • Deep Cut vraiment bien utilisée narrativement
  • Mode coop 4 joueurs excellent
  • Bosses variés avec de vrais patterns à apprendre
  • Profondeur de build façon looter-shooter
  • Exclusivité Switch 2 qui tire parti du hardware

Les –

  • Boucle de progression répétitive sur la longueur
  • Certains environnements en dessous des attentes Switch 2
  • Personnalisation cosmétique du perso en retrait
  • Prix légèrement trop élevé pour un spin-off
  • Peu de nouvelles catégories d’armes
  • Bot solo sous-exploité dans son évolution
  • Pas de mode PvP compétitif (pour ceux qui l’attendent)