Alors que ma magicienne elfe Andriel tentait désespérément d’endiguer une vague d’orques, mes deux coéquipiers contrôlés par l’intelligence artificielle ont fini étalés au sol, incapables de survivre à une embuscade. Obligé de multiplier les tirs à distance pour nettoyer la zone tout en rampant pour réanimer mes alliés, le constat s’impose immédiatement : si The Lord of the Rings: War in the North – Legacy Edition conserve toute la saveur de son gameplay hack and slash d’origine, le jeu traîne également les mêmes lacunes d’intelligence artificielle qu’il y a quinze ans. Heureusement, en coopération à trois joueurs, le plaisir de trancher de l’orque et de collecter du butin reste intact et particulièrement grisant.
Développé à l’origine par Snowblind Studios et réédité par Aspyr Media, The Lord of the Rings: War in the North – Legacy Edition signe le retour d’un jeu d’action-RPG emblématique sorti en 2011. Situé en parallèle de la trame narrative des films et des romans de J.R.R. Tolkien, le titre suit les pérégrinations d’une seconde communauté de trois héros chargés de déjouer les plans d’Agandaûr, l’un des plus fervents lieutenants de Sauron. Cette remastérisation conserve la formule brute de l’époque tout en apportant des améliorations d’ergonomie bienvenues, du verrouillage de cible pour les attaques à distance à la fluidité à 60 images par seconde.
Scénario et univers – Une aventure parallèle au cœur de la Terre du Milieu
L’histoire de The Lord of the Rings: War in the North Legacy Edition réussit l’exercice difficile d’intégrer de nouveaux personnages au sein d’un univers extrêmement codifié sans affaiblir la grande trame de la guerre du Anneau. En effet, l’aventure s’ouvre à la taverne du Poney Fringant à Brie, où Aragorn confie une mission cruciale à une équipe d’élite : empêcher l’armée d’Agandaûr de dévaster le Nord pendant que la Communauté progresse vers le Mont Destin. Le récit permet de croiser des figures emblématiques à Fondcombe et s’intègre avec cohérence dans le folklore tolkiénien, renforcé par la présence de l’aigle géant Beleram qui intervient pour protéger son peuple et prêter main-forte aux héros lors des combats majeurs.

Gameplay de War in the North – Hack and slash tactique et coopération essentielle
Le gameplay repose sur une complémentarité stricte entre trois classes de personnages aux styles de combat très marqués. Effectivement, le joueur peut incarner Eradan le Rôdeur (polyvalent au sabre et à l’arc), Farin le Champion Nain (un véritable tank dévastateur au corps à corps) ou Andriel la Magicienne Elfe (spécialisée dans le soutien, la magie et la frappe au bâton). Chaque héros dispose d’un arbre de compétences fourni pour débloquer des coups spéciaux et de l’équipement cosmétique évolutif.

Le changement de personnage dynamique et la gratuité du loot
Cette Legacy Edition apporte des ajustements très appréciables pour la progression solo :
En mode hors ligne, il est désormais possible de changer de personnage à la volée d’une simple pression de touche. Cette nouveauté évite donc de devoir relancer trois parties complètes pour essayer chaque héros et facilite la gestion de l’équipement et des compétences des coéquipiers. Le système de loot reste simple et très satisfaisant, offrant un renouvellement visuel constant des armures, casques et armes sans alourdir la progression dans les menus.
Cependant, l’expérience en solo souffre grandement d’une intelligence artificielle alliée totalement dépassée. Les coéquipiers gérés par le jeu ont tendance à se jeter aveuglément dans la mêlée et à tomber au combat de manière systématique, vous obligeant à passer votre temps à les réanimer. La coopération que ce soit en ligne ou en écran séparé demeure la seule façon idéale de profiter pleinement du titre.

Graphismes et technique – Un lissage bienvenu mais daté
Sur le plan technique, The Lord of the Rings: War in the North Legacy Edition propose un affichage fluide calé à 60 images par seconde sur la plupart des supports contemporains, y compris sur Switch 2 (la version Switch d’origine restant limitée à 30 images par seconde sans écran séparé). Si l’interface a été nettoyée et que les sauvegardes automatiques évitent toute perte de progression en cas de plantage, le jeu accuse visuellement ses quinze ans d’âge. Les textures restent souvent floues, les décors désertiques manquent de détails et les animations des personnages trahissent l’âge du moteur graphique d’origine.

Ambiance sonore et spatialisation – Une bande-son fidèle gâchée par le mixage
La partie sonore brille par la qualité de ses compositions musicales et par des effets sonores directement issus de l’univers cinématographique. Le doublage et les bruits d’épées plongent immédiatement dans l’ambiance des films. En revanche, le remaster conserve un défaut majeur du jeu de 2011 concernant l’équilibrage audio : le volume sonore des cinématiques s’avère nettement plus élevé que celui des phases de gameplay, obligeant le joueur à ajuster le son manuellement à chaque transition narrative.

Les rares limites – Une IA défaillante et des problèmes de finition d’époque
Le titre paie le prix d’un travail de remastérisation très sommaire. Aspyr Media s’est contenté d’un portage direct assorti de quelques correctifs d’ergonomie sans retravailler les routines de l’intelligence artificielle ni rééquilibrer la répartition des compétences sur la manette. La différence de difficulté entre le jeu en solo et la coopération en ligne est béante, et certains types d’ennemis, comme les goblins kamikazes explosives, provoquent des morts brutales particulièrement frustrantes dans les espaces clos.
Verdict LPDD
Conclusion du test – Faut-il acheter The Lord of the Rings: War in the North – Legacy Edition ?
En conclusion, The Lord of the Rings: War in the North – Legacy Edition demeure un portage moderne honnête d’un bon jeu d’action des années 2010. Si ses graphismes datés et son intelligence artificielle aux fraises gâchent le plaisir en solo, la boucle de gameplay à base de loot, de compétences et de coopération en fait un titre extrêmement plaisant à parcourir entre amis. Pour peu que vous ayez des coéquipiers sous la main, ce retour en Terre du Milieu conserve tout son charme.
On aime :
L’expérience coopérative jusqu’à trois joueurs particulièrement jouissive
Le système de loot satisfaisant et l’équipement cosmétique évolutif
Le respect fidèle de l’univers et du folklore de la Terre du Milieu
La possibilité de changer de personnage à la volée en mode solo
La fluidité constante à 60 images par seconde sur les consoles récentes
On aime moins :
L’intelligence artificielle alliée totalement dépassée et frustrante en solo
Les graphismes et les animations qui accusent lourdement leurs quinze ans d’âge
Le mixage audio déséquilibré entre les cinématiques et le gameplay
La frustration liée au jeu solo sur les niveaux de difficulté élevés


